Sections
Personnalité
« La connaissance de soi est une naissance à sa propre lumière, à son propre soleil. L'homme qui se connaît est un homme vivant. »
- Marie-Madeleine Davy
« Celui qui sera étudié lui-même sera bien avancé dans la connaissance des autres. »
- Denis Diderot
Recherche Google
Vendredi 24 février 2006
Maître Fourmi
On ne peut s’intéresser comme ici à la personnalité humaine sans se demander ce qui nous fait humain. Après le perroquet qui invente le zéro, l’éléphant qui imite les camions, le colibri qui aime la junk-food, l’orang-outan qui transmet sa culture et la grenouille qui joue d’un instrument, voici la fourmi qui enseigne.
On définit ainsi un enseignant dans le monde animal : un individu qui modifie son comportement, de façon non-positive pour lui, en présence d’un observateur naïf afin de lui servir d’exemple et de lui permettre d’apprendre plus vite. Le Professeur Nigel Franks de l’Université de Bristol ajoute que l’enseignement implique des mécanismes de feedback entre l’enseignant et l’enseigné, dans les deux directions.
Tout cela, Nigel Franks et Tom Richardson l’ont observé chez des fourmis Temnothorax. Une fourmi qui sait où il y a de la nourriture cherche une autre fourmi pour l’accompagner. Alors que cela la retarde, elle avance lentement. Régulièrement l’élève s’arrête pour mémoriser les caractéristiques du chemin. Il observe les indicateurs qui lui permettront de reconnaître sa route, puis quand il est prêt, tapote les jambes postérieures et l’abdomen de l’enseignant. Le tandem repart alors. L’enseignant comme l’enseigné ajustent en permanence leur vitesse de progression pour que la distance entre eux reste à peu près constante. Certains élèves brillants deviennent à leur tour enseignants, et l’information se répand peu à peu dans la colonie.
C’est la première fois que de tels comportements sont observés chez des animaux ayant un aussi petit cerveau.
Source : Ants teach each other a lesson
Dimanche 19 février 2006
Prenons-en de la graine
ORANGE cherche la satisfaction matérielle à court terme, et cet horizon temporel insuffisant est à l’origine de nombre des problèmes créés par ce vMème. Même si on est loin de ce que feront JAUNE et TURQUOISE, VERT essaye de voir plus loin et veut préserver les ressources gaspillées égoïstement par ORANGE.
Nous avions parlé l’an dernier du rôle de VERT en Norvège. Une initiative récente le confirme. La Norvège va construire dans le permafrost des Îles du Spitzberg un gigantesque silo destiné à conserver toutes les variétés connues de semences agricoles, afin que l’humanité se prémunisse contre les effets d’une guerre nucléaire, d’un changement climatique, d’actes terroristes, de la montée du niveau des océans, des tremblements de terre, etc. Quelques silos semblables, beaucoup plus petits, existent déjà, mais dépendent de la fourniture d’électricité pour conserver les graines ; au Spitzberg où la température descend jusqu’à -18°C, il suffira d’ouvrir les portes en hiver. Quant au site, il sera inutile de vraiment le protéger, la zone étant patrouillée en permanence par des ours polaires réputés peu commodes.
Ce projet de trois millions de dollars sera de très loin la banque de gènes végétaux la plus grande et la plus sûre au monde, et ne sera utilisée qu’au cas où les autres silos existants viendraient à faire défaut. "Il s’agit d’un don fait à l’humanité", dit Cary Fowler, directeur du Global Crop Diversity Trust.
Source : Fred Pearce, “Doomsday vault to avert world famine”, NewScientist.com
Mardi 14 février 2006
Cupide Cupidon

Bonne Saint-Valentin… dans les autres vMèmes aussi !
Lundi 13 février 2006
VERT pour de vrai ou pour de faux ?
Le mouvement du logiciel libre a été fondé par des gens dominés par le vMème VERT. Linus Torvalds, un informaticien finlandais, en est une figure emblématique : il a notamment créé le système d’exploitation Linux qui équipe aujourd’hui l’immense majorité des ordinateurs constituant le réseau Internet. Linux est distribué sous licence GNU GPL qui garantit aux utilisateurs du produit trois libertés qui caractérisent le mouvement du Libre : liberté d’exécuter le logiciel pour n’importe quel usage, liberté d’étudier le fonctionnement du programme dont les sources sont distribuées et de l’adapter à ses besoins, liberté de redistribuer des copies du logiciel modifiées ou non tant qu’elles restent sous licence GNU GPL.
Ce mouvement a eu un succès considérable, humainement et techniquement, et nombreux sont ceux qui ont voulu étendre la philosophie du Libre hors du champ de l’informatique, notamment dans le domaine culturel. Cette nouvelle conception de la culture marque les débats actuels autour du DRM (cf. Votre MP3, vous le voulez de quelle couleur ?).
Spirale Dynamique nous invite à écouter nos congénères avec une prudence lucide : il est utile d’apprendre à faire la distinction entre le discours tenu par les gens et la réalité de leurs valeurs, et entre les actes et ce qui les motive. De nombreuses personnes centrées sur le vMème BLEU ont rejoint le mouvement du Libre, en ne voyant en lui que son opposition à ORANGE. Ils en ont fait un dogme absolu : malheur à qui oserait caricaturer Tux, la mascotte de Linux ! Pour s’en convaincre, il suffit de voir la quantité de noms d’oiseaux qui s’échangent sur de nombreux forums de discussion consacrés au Libre, et le niveau d’intolérance de certains des participants. Ces tenants de BLEU sont très actifs dans la création d’une nouvelle mouture de la licence GNU GPL (dite GPLv3), et veulent y introduire des limitations pour empêcher les fabricants de matériels utilisant le DRM de se servir de logiciels libres.
Atterré de voir pervertir ses idées et son projet, Linus Torvalds s’oppose farouchement à cette modification : "Je ressens profondément que nous autres développeurs de logiciels n’avons pas le droit moral d’imposer nos règles aux fabricants de matériels. Nous ne sommes pas des croisés essayant de forcer les gens à se prosterner devant notre Dieu supérieur. Nous essayons de montrer aux autres que la coopération et l’esprit d’ouverture sont plus efficaces." Et pour que nous n’ayons pas de doute sur son vMème préféré, il prend bien soin de préciser : "Je réalise que certains ne sont pas d’accord avec à moi. C’est parfait. Ils n’ont pas à l’être. […] Je n’argumente pas contre la licence GPLv3. Je dis que la licence GPLv3 n’est pas bonne pour moi, et que ce n’est pas la licence que je choisirais."
Pour ceux qui ont une vision en BLEU du problème, l’attitude relativiste de Linus Torvalds est incompréhensible. Leur réaction va de la déception à la fureur, et les soupçons fusent : "Peut-être envisage-t-il de travailler pour un constructeur qui veut implémenter un machine DRM hardware linux ?" Les fossés qui séparent les vMèmes ne semblent pas près d’être comblés…
Jeudi 9 février 2006
De profundis
Philosophiquement, le modernisme désigne la pensée issue des Lumières et coïncide donc avec le vMème ORANGE. Ses limites sont aujourd’hui bien connues, la Spirale Dynamique les explique à sa manière, et les articles de ce blog s’en sont bien souvent fait l’écho.
De nombreux penseurs ont formalisé ces critiques et des contre-propositions dans des approches regroupées sous le nom de postmodernisme, expression du vMème VERT, notamment par leur relativisme. À son tour, le postmodernisme a été contesté depuis le point de vue de JAUNE. Ceci a été abordé dans notre article intitulé “Modernisme – ORANGE. Post-modernisme – VERT. Et après ?”.
Mais certains intellectuels français – chéris des salons parisiens et des studios de télévision, ce n’est sans doute pas un hasard – n’en sont pas encore là. Nous évoquions récemment le cas de Régis Debray dans “Vieux révolutionnaire”. Alain Finkielkraut s’y colle à son tour en publiant Nous autres, modernes. En dépit du titre, il s’agirait aujourd’hui d’être antimoderne.
D’après François Ewald, l’antimoderne "en tient autant contre la science que contre la liberté". En être "suppose d’être à la fois politiquement contre-révolutionnaire, idéologiquement hostile aux Lumières, de prôner une morale pessimiste, où l’histoire s’écrit plus comme décadence et déclin que comme progrès ; il faut encore croire au péché originel (l’homme n’est pas naturellement bon, il n’est pas destiné au bonheur), développer une esthétique du sublime par l’exagération de ce qui peut faire peur et terroriser, le tout exprimé dans la vitupération ou l’imprécation. […] L’antimoderne ne s’accommode guère du suffrage universel et tient la démocratie à distance."
Bref, selon la théorie de la Spirale Dynamique, voilà un creux γ typique : régression en BLEU suite à un point β où il y a confrontation à des problèmes insolubles dans le vMème en cours.
Le problème chez Finkielkraut est que les mêmes idées étaient déjà en germe dans La Défaite de la pensée, un ouvrage (au titre prémonitoire ?) qu’il avait publié en 1987. Dix-huit ans de creux γ, cela ne laisse guère d’espoir…
Ajoutons un simple problème de sens. Moderne signifie actuel, de son époque. La Spirale Dynamique recommande la capacité d’accéder au vMème correspondant à ses conditions de vie, et affirme donc, avec Rimbaud, qu’il "faut être résolument moderne". Ce qui bien sûr n’exclut ni esprit critique, ni recherche de changement si nécessaire.
Source : François Ewald, “Le paradoxe de la modernité”, Enjeux Les Échos, N° 218, Novembre 2005, pp. 125-126.
Samedi 4 février 2006
Play again !
En juillet et août 2002, le Pentagone a organisé Millennium Challenge ‘02, le plus grand jeu de guerre de l’histoire de l’armée américaine. Le plus coûteux aussi : deux cent cinquante millions de dollars.
Le thème de Millennium Challenge était le suivant : quelque part dans le Golfe Persique, un méchant chef militaire menace la stabilité de la région. Il peut compter sur l’appui de groupes ethniques et/ou religieux. Il abrite et finance des groupes terroristes.
L’objectif du Pentagone était, en tirant les leçons de la Première Guerre du Golfe, de définir une stratégie tenant compte non seulement des paramètres militaires, mais aussi des aspects économiques, culturels et de relations humaines.
Des dizaines d’ordinateurs géraient le jeu, simulant et enregistrant chaque conversation téléphonique, chaque balle tirée, chaque missile lancé, chaque mouvement de troupe et de matériel. Ainsi espérait-on avoir une vision totalement "logique, systémique, rationnelle et rigoureuse" du conflit. Un pur fantasme ORANGE.
Pour jouer le rôle du méchant militaire ennemi, le Pentagone avait choisi Paul van Riper, un ancien du Vietnam, Rip pour ses amis. Le premier jour du jeu de guerre, les États-Unis ont débarqué leurs troupes, positionné leurs navires et envoyé un ultimatum à Rip. Comme ils écoutaient toutes les communications téléphoniques et radios ennemies et qu’aucun avion ne pouvait décoller sans qu’ils n’interceptent ses échanges avec la tour de contrôle, ils étaient persuadés que Rip était paralysé.
Malheureusement pour eux, Rip n’est pas un soldat comme les membres du Pentagone qui l’ont embauché, c’est un guerrier. (Si vous voulez mieux appréhender la différence, vous pouvez voir le superbe film de Bertrand Tavernier, Capitaine Conan, dont vous trouverez l’analyse sur notre site consacré à l’Ennéagramme.) Ses messages sont écoutés, qu’importe il enverra des courriers à moto, et/ou cachera leur texte dans des prières ; quant à ses avions, ils communiqueront avec la tour de contrôle par des signaux lumineux comme au bon vieux temps de la Seconde Guerre Mondiale.
Et Rip passa immédiatement à l’attaque. Le deuxième jour du jeu de guerre, il coula seize navires de l’armée américaine et fit assassiner les personnalités de la région qui soutenaient les U.S.A. Bilan : vingt mille morts (virtuels) dans le camp des États-Unis.
Que croyez-vous qu’il arriva ? Dans un premier temps, le camp américain resta paralysé de stupeur pendant un jour et demi. Puis les organisateurs du jeu de guerre décidèrent de revenir en arrière, avant l’attaque de Rip, et lui expliquèrent comment il devait se comporter et agir en tant que méchant commandant militaire ennemi. Dans cette nouvelle version, les troupes des États-Unis remportèrent facilement et rapidement la guerre, ce dont le Pentagone se vanta haut et fort dans des communiqués de presse triomphants.
Spirale Dynamique distingue trois attitudes face au changement. Dans l’une d’entre elles, la pire, dite coincée, il n’y a pas conscience de l’existence des vMèmes qui précèdent ou suivent le(s) sien(s). En voici un extraordinaire exemple.
Bien sûr, une attitude coincée apporte bien souvent des déboires. Moins d’un an plus tard, les U.S.A. attaquaient, pour de vrai cette fois, un méchant chef militaire menaçant la stabilité du Moyen-Orient, pouvant compter sur l’appui de groupes ethniques et/ou religieux, et accusé (à tort) d’abriter et de financer des groupes terroristes. Il semble que cela soit moins facile que dans Millenium Challenge, version 2. Rip ne doit guère être surpris.
Une dernière remarque, un peu en dehors du sujet mais que vous pouvez rapprocher de notre récent article sur l’impérialisme américain : s’il s’est tenu en 2002, Millennium Challenge a été préparé et planifié à partir du printemps 2000, quatorze mois donc avant l’attentat du 11 septembre. Prétexte, avez-vous dit ?
Source : Malcolm Gladwell, Blink, New York (New York), Little, Brown and Company, 2005.

Commentaires
jeu 17 jui 08, 09:19
Et il est rentré en France ! M on Dieu, que va-t-il nous arri ver ? Sarkozy est-il en [...]
dim 06 jui 08, 16:49
Bonjour Christian ! Les Ind iens de Colombie Britannique a vaient résolu ce genre d [...]
jeu 03 jui 08, 17:32
Je me souviens, Fabien et Chri stian, qu'au début des années 1970, cette représentati [...]
jeu 03 jui 08, 14:02
Bonjour Christian, Rassure- toi, les scientifiques de la N ASA sont de grands intui [...]
jeu 03 jui 08, 13:30
Bonjour Fabien, Voici donc la preuve physique extérieure indéniable qui permet de [...]
mer 02 jui 08, 13:09
Bonjour à tous, Aurore et C oriolan, voici les dernières p etites nouvelles du Kera [...]
lun 30 jun 08, 10:39
À propos du même film, ma femm e a trouvé une autre interview dans laquelle [url=http [...]
lun 30 jun 08, 09:32
Bonjour Jorune, Merci d'avo ir cherché la citation complèt e. Seuls les actes pe [...]
dim 29 jun 08, 19:19
Fabien, Je viens de récupér er la fin de la phrase, et aus si le contexte de la phr [...]