Pour clôturer cette série sur la Chine, évoquons le roman de François Cheng, Le dit de Tianyi. L’écriture très poétique et la qualité romanesque seraient deux raisons suffisantes de lire ce livre, mais il retrace en plus 50 ans d’histoire chinoise, et est une passionnante introduction à la culture de ce pays.
Le peintre Tianyi parle ainsi de son arrivée à Paris : "Je n’ignorais pas qu’il y avait la Seine, avec ses sites célèbres devant lesquels les touristes tombent d’emblée en extase. Mais j’étais ainsi fait que je n’arriverais jamais à éprouver l’opinion générale. Devant ce que tout le monde voit, je doute de mon propre regard. Le charme de Paris, je le découvrirai plus tard à ma manière. […] Non pas tant que j’eusse peur qu’on demande à vérifier mes papiers. J’étais à peu près en règle. Il y avait, en travers de mon corps, la conscience d’un manque autrement plus radical, un manque, disons, de légitimité d’être. Plus rien ne semblait garantir mon identité, ni justifier ma nécessité d’être là. Pire qu’exclu, je me sentais séparé. Séparé des autres, séparé de soi, séparé de tout. Je suis venu ici pour apprendre la peinture. J’affronte un métier qui ne s’apprend pas : exister." Un beau type 4 dans l’Ennéagramme, non ?
D’ailleurs, comme beaucoup de 4, Tyanyi se sent étranger au monde : "J’aurai été cet être qui vient d’ailleurs et qui sera perpétuellement choqué par ce qu’offre cette terre. Si en dépit de tout je garde intacte en moi cette capacité d’étonnement et d’émerveillement, c’est que sans cesse je suis porté par les échos d’une très lointaine nostalgie dont j’ignore l’origine. […] Je suis ébranlé par on ne sait quelle résonance hors du monde."
Yumei, qu’il aime, ne peut pas non plus masquer son ennéatype 4 : "Me crois-tu ? Un jour tu me croiras. Tu es celui que j’aime le plus au monde. Tu es mon innocence, tu es mon rêve. Maintes fois dans ma nuit, j’ai rêvé de toi, comme à une éternelle enfance. Je suis ta soeur, je suis ton amante. Mais dans cette vie, nous ne serons pas un couple. Pas dans le temps présent. Plus tard peut-être, plus tard sûrement. Lorsque nous aurons survécu à mille morts, je viendrai vers toi, comme on retourne au pays natal… Tu es venu trop tôt dans ma vie, ou trop tard au monde."
Source : François Cheng, Le dit de Tianyi, Paris (France), Albin Michel, 1998
Commentaires
jeu 04 déc 08, 20:59
Bonsoir Fabien, j'ai pris l e temps de lire les quelques n otions exprimées sur ton [...]
jeu 04 déc 08, 11:04
Merci Aurore de ton amicale et flatteuse impatience. Ce m atin, aux aurores, Amazo [...]
jeu 04 déc 08, 10:29
Bonjour Fabien, Enfin le vo ilà !!! Depuis le temps que no us l'attendions ce fameu [...]
jeu 04 déc 08, 08:21
Bonjour à tous, Évidemment, rien n'interdit à ORANGE de p rofiter de [i]« cet atta [...]
dim 30 nov 08, 01:57
Bonsoir à tous, Aurore, mer ci pour ta réaction. Elle a ét é pour moi l'occasion d' [...]
sam 29 nov 08, 05:57
Bonsoir à tous, Jorune, ras sure-toi (sic), ni Aurore, ni Samy, ni moi sommes anti [...]
ven 28 nov 08, 21:10
Bonsoir, Il faut dire que R OUGE est un vMème difficile à apprécier… Il a un côté [...]
ven 28 nov 08, 18:12
Bonjour à tous, "Désolée si j'horrifie les lecteurs de ce blog." Oh, rare [...]
ven 28 nov 08, 14:21
Mon cher Samy, Je crois avo ir un VIOLET très développé… e t un ORANGE culminant-do [...]