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Personnalité
« La connaissance de soi est une naissance à sa propre lumière, à son propre soleil. L'homme qui se connaît est un homme vivant. »
- Marie-Madeleine Davy
« Celui qui sera étudié lui-même sera bien avancé dans la connaissance des autres. »
- Denis Diderot
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Mercredi 27 juillet 2005
Apocalypse now
Il est certain que nous approchons du pic de production pétrolière. Ce moment où la production d’or noir va commencer à décroître interviendra pour les plus pessimistes, comme Matthew Simmons, dès 2006, personne n’imaginant qu’il puisse aller au-delà de 2030-2040. Déjà la plupart de grands gisements ont probablement atteint le fameux pic de Hubbert, le point où 50 % des réserves ont été consommées.
Pendant ce temps-là, la consommation américaine continue à croître sans retenue, celle de la Chine devrait doubler dans les quinze ans à venir, et celle de l’Inde augmenter de 30% dans les cinq prochaines années.
Comme le pétrole représente 70% de l’énergie nécessaire au transport, et qu’aucune solution de substitution ne semble possible à court terme, James Kunstler prédit, dans son livre Long Emergency, l’effondrement de l’aviation commerciale et plus généralement de tout notre système de transport, la fin de l’agriculture industrielle, et la désertification des villes. Selon lui, les régions prospères du XXIe siècle "seront celles bénéficiant d’un arrière-pays agricole viable qui pourra reconstituer une économie durable." Voilà le tableau bien noir d’une époque qui serait "un terrible traumatisme pour l’espèce humaine : deux siècles de modernité balayés par une pénurie d’énergie à l’échelle planétaire !"
James Kunstler trouve toutefois une consolation. La nouvelle économie reposera sur "la cohésion sociale" et nous "apportera la satisfaction de nouer des relations étroites au sein de notre communauté, de travailler avec nos voisins, de participer à une entreprise qui importe vraiment au lieu de simplement nous distraire pour fuir l’ennui". Bref, selon lui, l’avenir ne sera pas rose, mais au moins il sera VERT, et mettra fin à l’égoïsme et la futilité d’ORANGE.
Source 1 : Marco de Martino, “Notre avenir énergétique en huit questions”, Courrier international, N° 764, 23 juin 2005, pp. 36-37
Source 2 : James Howard Kunstler, “Nous pouvons dire adieu à notre mode de vie”, Courrier international, N° 764, 23 juin 2005, p. 38
Vendredi 22 juillet 2005
Loto électoral
Siméon de Saxe-Coburg-Gotha ne se contente pas d’être prince et Premier ministre bulgare. Il a aussi des idées. Pour les élections législatives du 25 juin dernier, il a organisé à l’issue du scrutin un grand tirage au sort pour les citoyens qui ont voté. Ainsi quelques personnes à l’esprit civique ont gagné des téléphones portables, des ordinateurs ou d’autres très beaux cadeaux.
Pour penser que l’électeur est principalement motivé par l’appât du gain, il doit avoir un bel ORANGE notre Siméon ! Ce n’est peut-être pas le cas de tous les Bulgares puisque finalement la participation n’a été que de 55%, le taux le plus faible depuis la chute du régime communiste.
Source : Gérard Biard, “Bulletin gagnant”, Charlie Hebdo, N° 675, 25 mai 2005, p. 7
Dimanche 17 juillet 2005
Alex le Grand
Laissez-moi vous présenter Alex. Alex est un perroquet gris du Gabon. Il est arrivé il y a 27 ans (il en a aujourd’hui 28) au laboratoire de recherche biomédicale de l’Université Brandeis installée à Waltham dans le Massachusetts. Depuis, Irene Pepperberg, professeur adjointe de Psychologie, s’occupe de lui et teste une méthode d’enseignement qu’elle a nommée “technique modèle et rival”. Alex observe les interactions entre son instructeur et d’autres êtres humains ou d’autres perroquets. Il apprend à répondre à des questions et est en compétition pour donner le premier la bonne réponse. Questions pour un champion à l’université !
Alex sait épeler plusieurs mots, compter, faire des additions et des soustractions, il peut identifier des objets, des formes, des couleurs et des matériaux. Mieux, il a appris des concepts abstraits comme semblable et différent. Irene Pepperberg est persuadé qu’Alex va être capable d’apprendre à lire.
Impressionnant, non ? Et bien, cela n’est rien ! Il y a quelques années, Alex avait appris à utiliser le mot “rien” pour parler d’une absence d’information. Au début de cette année, lors d’une crise de colère, Alex s’est mis brusquement, sans qu’on le lui ait appris, à utiliser ce mot en tant que chiffre pour indiquer une quantité nulle. Bref, Alex, avec un cerveau de la taille d’une noisette, venait d’inventer le chiffre zéro. Depuis, il l’utilise fréquemment et de manière totalement appropriée.
Jusqu’ici, seuls quelques chimpanzés avaient réussi à utiliser le chiffre zéro, mais cela avait été suite à un apprentissage, et non pas une invention spontanée comme dans le cas d’Alex.
Dans l’histoire humaine, on estime que le zéro a été inventé en Inde il y a environ mille ans, et qu’il n’est utilisé en Occident régulièrement que depuis le début du XVIIe siècle. Un enfant humain ne commence à le comprendre que vers l’âge de 3 ou 4 ans.
La frontière entre ce qui est humain et ce qui ne l’est pas s’estompe chaque jour un peu plus. Cela pose des problèmes philosophiques, moraux et pratiques qui ne peuvent sans doute être vraiment traités que par le vMème TURQUOISE.
Source 1 : No Average Bird
Source 2 : The Alex Foundation
Mardi 12 juillet 2005
Démocratie représentative ? Hum…
Une des raisons de la transition de BLEU à ORANGE a été le constat que les élites censées incarner la Vérité Ultime ne vivaient pas réellement en accord avec ses principes. D’un point de vue social, cela a abouti, entre autres, au passage d’un gouvernement central tout puissant à la démocratie représentative. Une des causes du passage d’ORANGE à VERT est/sera la prise de conscience que les représentants du peuple ne le représentent pas autant qu’il le faudrait. La conséquence en sera, entre autres, la mise en place d’une démocratie participative.
Nous avons déjà évoqué cette crise de la représentativité dans notre article sur le résultat du référendum français sur la constitution européenne. Steven D. Levitt, l’économiste voyou, enfonce le clou. Il a étudié les votes au sénat américain de 1970 à 1990 pour vérifier s’ils correspondaient aux choix de la majorité des gens que les sénateurs sont supposés représenter. Comme aux USA chaque État élit deux sénateurs, ceux-ci devraient voter de manière identique s’ils respectaient strictement la volonté de leurs électeurs. Or c’est loin d’être le cas.
Par une série de calculs qu’il serait trop long de résumer ici, Steven Levitt démontre que les convictions personnelles du sénateur déterminent pour plus de 50% son vote, indépendamment des souhaits de l’électorat de son État, de ceux de ses propres électeurs ou des consignes de son parti. Pour ceux qui n’y verraient pas malice, le poids des souhaits de l’électorat augmente quand le sénateur approche de la date de renouvellement de son mandat, et cela d’autant plus que sa réélection est problématique.
En Inde, des économistes du développement ont fait un constat similaire dans des conseils de village. Et en France ? Aucune étude scientifique n’a, à ma connaissance, été menée à ce jour, mais tout électeur a certainement un avis sur le sujet.
Est-il besoin d’insister sur la gravité de ce phénomène ? Certes, il peut constituer un des chocs qui provoquera le passage en VERT. Mais il peut aussi, et pour quelle durée, provoquer une régression dans un populisme autoritaire BLEU. Certains sont en embuscade.
Source : Ivar Ekeland, “Bienheureuse démocratie !”, Pour La Science, N° 328, Février 2005, p. 6
Jeudi 7 juillet 2005
À quatre voix…
Il y a peu, la libération de Florence Aubenas fut l’occasion de rappeler le type 4 dans l’Ennéagramme de la culture française. Hier, le CIO a attribué les Jeux olympiques 2012 à Londres. Comment va réagir cette société 4 devant cette nouvelle défaite ?
Robert Rochefort, le directeur du CRÉDOC, s'inquiète : "Dans le fond, la morale de cette histoire, c’est que peut-être on en attendait trop. Les Français, on est avec vraiment des dents de scie, des hauts et des bas, c’est-à-dire que soit on attend des miracles d’une décision très positive, soit on se précipite au fond de l’abîme quand la décision est négative. Alors c’est probablement ni l’un, ni l’autre. […] La seule chose que je crains le plus de cet échec, c’est une sorte de repli des Français sur eux-mêmes, c’est-à-dire qu’on parte en vacances en se disant que finalement l’ensemble du monde ne nous comprend pas et que donc il est urgent de rester repliés sur nous-mêmes. Pas de complexe de village d’Astérix. C’est surtout ce qu’il ne faut pas faire."
No comment…
Source : “Journal de 7 heures”, France Inter, 7 juillet 2005
Mardi 5 juillet 2005
Sari ORANGE
Beaucoup de pays d’Asie cherchent à développer le vMème ORANGE, condition de leur développement économique. Nous avons récemment évoqué les cas de Singapour et de la Chine. En fonction de leurs ressources et de leurs spécificités, ces pays utilisent principalement trois stratégies : favoriser l’implantation des meilleures firmes étrangères, tabler sur leur main-d’oeuvre bon marché, favoriser la formation et vendre leur matière grise.
L’Inde s’est concentrée sur cette dernière solution en favorisant notamment les technologies de l’information, et elle est déjà le premier exportateur mondial de logiciels. Elle privilégie la constitution d’une élite scientifique fortement performante et concurrentielle. Dans ce domaine, il va être difficile de faire plus ORANGE que l’Institute of Science de Bangalore.
Pour y entrer, 20 000 candidats se présentent dans les 21 centres d’examen du pays, 1000 passent devant un jury, et au final 500 sont admis. Leurs études entièrement payées par l’État, ils bénéficient d’un environnement de travail parmi les meilleurs du monde. Ce système d’entrée ne sélectionne pas que les meilleurs intellectuellement, mais aussi ceux qui ont la mentalité la plus compétitive. Pritesh Dagur, qui est en train de finir son doctorat à l’Institut décrit ainsi l’entreprise de ses rêves : « Seul le défi m’intéresse. J’irai là où la consigne sera “tu réussis ou tu t’en vas”. » Les professeurs sont soumis à la même pression. Ils doivent enseigner à l’étranger, publier leurs travaux dans des revues réputées, faire déboucher leurs recherches sur des brevets, et trouver des financements auprès des entreprises.
Excusez-moi, j’arrête là. Rien que de me relire, je suis épuisé.
Source : Nathalie Villard, “À Bangalore, l’Institute of Science met profs et étudiants sous pression”, Capital, N° 163, Avril 2005, p. 66
Vendredi 1 juillet 2005
Un éléphant, ça singe
Mlaika, 10 ans, imite parfaitement le bruit des camions passant sur la route à proximité de l’orphelinat où elle réside :
Calimero, 23 ans, originaire d’Afrique, parle couramment le langage employé par ses deux compagnes d’Asie qui partagent son lieu de résidence. La nouvelle vous semble peut-être banale, mais elle l’est moins si vous considérez que Mlaika et Calimero sont des éléphants.
Ainsi, les éléphants rejoignent les perroquets, les chauves-souris et les dauphins sur la liste des animaux qui utilisent le langage pour créer des liens sociaux et sont capables d’imitation. Cette dernière capacité est en fait extrêmement rare dans le monde animal ; pendant longtemps les scientifiques ont cru que seul l’homme en était capable, et que cette faculté était à l’origine du formidable développement des cultures humaines.
S’appuyant sur la mémétique, Spirale Dynamique fait l’hypothèse que c’est ainsi que se répandent les différents niveaux d’existence, qu’elle a appelés pour cette raison vMèmes. A partir du moment où l’imitation, le langage et la culture ne sont plus l’exclusivité de l’espèce humaine, de passionnantes questions sont soulevées. Certaines espèces animales connaissent-elles une évolution culturelle semblable à celle décrite par Spirale Dynamique ? Vivent-elles des équivalents simplifiés de BEIGE et de VIOLET ? Ou bien y aurait-il avant BEIGE d’autres niveaux non encore cartographiés ? Et pourquoi pas une boucle entière ?
Pour les réponses, rendez-vous dans quelques dizaines d’années.
Source : Elephants Imitate Sounds as a Form of Social Communication

Commentaires
dim 06 jui 08, 16:49
Bonjour Christian ! Les Ind iens de Colombie Britannique a vaient résolu ce genre d [...]
jeu 03 jui 08, 17:32
Je me souviens, Fabien et Chri stian, qu'au début des années 1970, cette représentati [...]
jeu 03 jui 08, 14:02
Bonjour Christian, Rassure- toi, les scientifiques de la N ASA sont de grands intui [...]
jeu 03 jui 08, 13:30
Bonjour Fabien, Voici donc la preuve physique extérieure indéniable qui permet de [...]
mer 02 jui 08, 13:09
Bonjour à tous, Aurore et C oriolan, voici les dernières p etites nouvelles du Kera [...]
lun 30 jun 08, 10:39
À propos du même film, ma femm e a trouvé une autre interview dans laquelle [url=http [...]
lun 30 jun 08, 09:32
Bonjour Jorune, Merci d'avo ir cherché la citation complèt e. Seuls les actes pe [...]
dim 29 jun 08, 19:19
Fabien, Je viens de récupér er la fin de la phrase, et aus si le contexte de la phr [...]
dim 29 jun 08, 06:23
Bonjour à tous, Il me sembl e, Jorune, que tu as là une vi sion un peu trop [i]Peac [...]