William Sturgis Lind, un conservateur membre de la Free Congress Foundation, a développé dès 1989 la thèse selon laquelle il y aurait eu quatre générations de conflits. Le lien entre cette évolution du style des guerres et la Spirale Dynamique est remarquable.
Pour Lind, les quatre générations commencent avec le traité de Westphalie qui, en 1648, met fin à la guerre de Trente Ans. Avant, la guerre était "l’oeuvre d’entités diverses : familles, tribus, religions, villes, entreprises commerciales". Après, elle devient le monopole de l’État. On est tenté de penser au triomphe définitif de BLEU sur ROUGE et VIOLET, guerres que Lind ne distingue pas.
La première génération de conflits débute à ce moment et se poursuit jusqu’en 1860. Elle instaure la "culture militaire de l’ordre". Elle se manifeste par des combats formalisés et ordonnés et une guerre de lignes et de colonnes. Il apparaît alors tout ce qui, aujourd’hui encore, distingue le militaire du civil : uniformes, salut, grades. Bref, un monde BLEU où chacun est à sa place.
Les progrès technologiques aboutissent à des armes de plus en plus meurtrières qui rendent le déploiement en lignes et colonnes totalement inefficace. La deuxième génération de conflits se met alors en place, développée notamment par l’armée française lors de la Première Guerre mondiale. Des attaques massives d’artillerie nettoient le terrain que l’infanterie peut alors occuper. Cette seconde génération préserve le concept d’ordre : des règles et procédures strictes régissent le fonctionnement des armées, l’obéissance est indispensable et l’initiative interdite, la chaîne de commandement part du sommet. On est donc toujours dans le vMème BLEU (horizon, bien sûr !).
Ayant appris cette stratégie de l’armée française en 1917 et 1918, l’armée américaine l’applique toujours. La guerre d’Irak en est un exemple flagrant, si on remplace dans le paragraphe précédent artillerie par aviation, et si on ajoute les chars à l’infanterie. Quand on sait l’importance de BLEU dans la culture des États-Unis, thème plusieurs fois abordé dans ces pages, la persistance de la deuxième génération de conflits ne semble guère étonnante.
C’est l’armée allemande qui invente la troisième génération, au début du XXe siècle, la guerre de manoeuvre. Plus que l’intensité de l’attaque et l’usure de l’adversaire, il s’agit désormais de le surprendre en le contournant et en attaquant ses arrières, et de l’épuiser et le démoraliser par la rapidité des mouvements de troupes. Selon Lind, la troisième génération représente autant un changement de culture qu’un changement de tactique. L’initiative devient plus importante que l’obéissance : dans les jeux de guerre destinés à former les officiers allemands, on leur soumettait régulièrement des problèmes qui ne pouvaient être résolus qu’en désobéissant aux ordres. La rapidité sur le terrain implique un certain niveau de décentralisation. De toute évidence, nous sommes devant les signes indiscutables d’un passage en ORANGE.
Selon Lind, la quatrième génération vient d’apparaître. Elle se caractérise par encore plus d’initiative et de décentralisation, mais surtout par le fait que pour la première fois depuis le traité de Westphalie, l’État perd son monopole sur la guerre. Les guerres modernes sont des guerres entre cultures, presque toutes menées par des organisations non-étatiques comme Al-Qaida, le Hamas ou le Hezbollah. "Au coeur des conflits de quatrième génération est la crise universelle de légitimité de l’État;"
En partant de l’idée d’une quatrième génération, les premiers aspects peuvent faire penser à une exacerbation d’ORANGE, mais les suivants ont un caractère nettement régressif qui en fait douter. Le général Mattis conteste d’ailleurs fortement l’idée même d’une quatrième génération en affirmant qu’il n’y a dans les conflits actuels "RIEN de nouveau". Le fait que les pays dont émanent ces organisations en guerre soient pour la plupart centrés en VIOLET et ROUGE, avec parfois une couche de BLEU, nous ferait plutôt pencher pour une réapparition des guerres ROUGE, avec les capacités technologiques et la possibilité de mondialiser le conflit créées par ORANGE. Cela reste bien sûr à vérifier.
Source : William S. Lind, “Understanding Fourth Generation War”
Commentaires
ven 10 oct 08, 08:23
Bonjour Aurore, [i]"Je pense que oui… En écrivant la phra se citée, je m'étais dit [...]
jeu 09 oct 08, 16:34
Bonjour à tous, @ Fabien : "Début d'une hypothèse scientifique ORANGE ?" [...]
jeu 09 oct 08, 16:18
Bonjour à tous, Ouah… Super , je pars de ce pas vivre en O uganda ! J'ai toujours r [...]
lun 06 oct 08, 09:46
Aurore, mon fils est maintenan t suffisamment grand pour qu'i l sache me dire non, par [...]
lun 06 oct 08, 09:35
Aurore dit : [i]"J'ai vu Wallace se demander où étaient les absents avantagés par le [...]
lun 06 oct 08, 08:09
Bonjour à tous, Aurore : [i]"Comment faites-vous tous pou r vivre, et pas seulemen [...]
lun 06 oct 08, 07:43
Très simple Aurore : à 9 ans, j'avais une idée assez précise des métiers que je voul [...]
dim 05 oct 08, 12:31
Merci pour vos réactions. Oui, ce stage m'a bien fait avance r, et c'est surtout le f [...]
dim 05 oct 08, 07:47
Bonjour à tous, @Christian : [i]"Une personne à dominante ER peut-elle [...]