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« La connaissance de soi est une naissance à sa propre lumière, à son propre soleil. L'homme qui se connaît est un homme vivant. »
- Marie-Madeleine Davy
« Celui qui sera étudié lui-même sera bien avancé dans la connaissance des autres. »
- Denis Diderot
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Dimanche 26 juin 2005
L'économie, ce n'est pas ce que vous croyez
En 2003, âgé alors de 35 ans, Steven D. Levitt a reçu des mains de l’American Economic Association la prestigieuse médaille John Bates Clark qui récompense tous les deux ans l’économiste de moins de quarante ans le plus prometteur. Pour ses pairs, il est l’un des penseurs les plus brillants de notre époque, dont la capacité à résoudre des problèmes complexes est hors du commun. Lui le fait "parce que c’est amusant" et qu’il aime "les problèmes qui semblent difficiles, mais sont faciles à résoudre".
Il avoue volontiers n’être pas réellement intéressé par l’économie, et se sent un "dilettante en marge de la profession". En conséquence, il a totalement redéfini son domaine d’activité. Pour lui, la morale décrit le monde tel que nous voudrions qu’il soit, et l’économie tel qu’il est. Cela lui permet de sous-titrer Freakonomics, son premier livre : "un économiste voyou explore la face cachée de toute chose". Cela lui permet aussi d’aborder des sujets aussi variés que les causes de la baisse de la criminalité, le point commun entre les enseignants de Chicago et les lutteurs de sumo, la raison pour laquelle les trafiquants de drogue vivent chez leur mère, les revenus des agents immobiliers et ce qui fait un parent idéal.
Bref, il y a du type 7 de l’Ennéagramme dans l’air. Quand au hasard d’une interview, il déclare, absolument ravi, que son père est le plus grand spécialiste mondial des gaz intestinaux (un 5 ?) et qu’en conséquence il est "le roi des pets", cela ne laisse guère la place au doute.
Dans l’épilogue de son livre, il s’interroge pour savoir si les différents chapitres de l’ouvrage ont un thème commun, et n’en trouve pas d’autres que celui de démontrer et développer "une capacité nouvelle à penser, discerner et mesurer la manière dont les gens se comportent dans le monde réel". Il prend soin de préciser à ses lecteurs, qui risqueraient d’être induits en erreur par son statut d’économiste, que "probablement [cette façon de penser] n’améliorera pas leur vie matérielle".
Iconoclaste, Steven D. Levitt est à mille lieux du politiquement correct en vogue actuellement. Ses thèses, notamment celles faisant un lien entre la baisse de la criminalité et la légalisation de l’avortement, ont donc suscité de très vives controverses. Certains l’adorent, d’autres le comparent à Goebbels, d’autres le traitent de gauchiste. Tout cela, vous vous en doutez, le fait sourire.
Sur la Spirale Dynamique, on a là quelqu’un qui semble bien, au moins dans son contexte de vie professionnelle, accéder au mode de pensée JAUNE.
Voir un ennéatype et un vMème à l’oeuvre, voilà deux raisons, en supplément de son intérêt propre qui est exceptionnel, de lire Freakonomics (en français malgré le titre, ou en version originale).
Ressource : le blog de Steven D. Levitt et de son co-auteur.
Mardi 21 juin 2005
Absentéisme
Mon ami Christian serait-il boycotté par ses élèves ? Le 6 juin, un sur deux était présent. Le 13, un sur quatre. A ce rythme, son dernier cours sera une leçon particulière. Étant de type 4 dans l’Ennéagramme, Christian risque bien de se livrer à son mécanisme de défense d’introjection, et de remettre en question ses compétences, son choix de carrière, son existence même…
Ce n’est pas la peine d’en arriver à de telles extrémités. Christian n’est pas le seul. L’absentéisme en juin dans les collèges faisait la Une du journal Le Parisien le 16 juin dernier, et plusieurs académies ont été obligées de rappeler fermement que l’enseignement était obligatoire et la présence requise jusqu’au dernier jour de classe.
La raison de cet absentéisme record est bien connue : les conseils de classe ont déjà eu lieu. Erreur fatale dans un monde dominé par ORANGE : le résultat, quel qu’il soit, est là, et il n’y a donc plus aucune bonne raison de continuer à venir en classe.
Que reste-t-il à Christian ? Les élèves dominés par VIOLET qui vénèrent en lui l’ancêtre et l’homme de savoir ; ceux qui ont suffisamment de BLEU pour respecter les règlements ; les adolescents centrés en VERT appréciant la communauté qu’est leur classe ; les étudiants accédant à JAUNE toujours avides de nouvelles connaissances. Ceux qui utilisent en priorité ROUGE viendront si l’impulsion du moment les y pousse, mais alors gare au chahut !
Bien entendu, chacune de ces bonnes raisons d’être présents est une piste de solution à cette désertion estivale.
Source : Les jours de juin
Vendredi 17 juin 2005
Évidence
Les Français doutent parfois que la culture de leur pays soit de type 4 dans l’Ennéagramme, les étrangers jamais. Ce dessin de Mix et Remix trouvé sur le site Internet de L’Hebdo de Lausanne en est une hilarante illustration :
Source : L’Hebdo, N° 24, 16 juin 2005
Jeudi 16 juin 2005
Tous précoces
Jusqu’ici, il était admis qu’un enfant ne commençait à tenir des raisonnements psychologiques complexes qu’à partir de l’âge de quatre ans. Une étude, menée sous la direction de Renée Baillargeon à l’Université de l’Illinois, montre que "d’une certaine manière, les enfants réfléchissent à propos de ce que les autres pensent, voient et croient" dès l’âge de quinze mois.
L’expérience a été menée sur 56 bébés assis sur les genoux de leurs parents et observant un acteur, un jouet et deux boîtes, l’une verte, l’autre jaune. Au début, l’acteur place le jouet dans la boîte verte, s’éloigne, puis revient le chercher, ceci plusieurs fois.
Dans un deuxième temps, alors que l’acteur ne peut le voir, l’objet est déplacé dans la boîte jaune. Quand l’acteur revient, s’il cherche le jouet dans la boîte verte, le bébé réagit comme les fois précédentes : il est normal que l’acteur croit que le jouet est toujours dans la boîte verte. Mais, s’il le cherche dans la boîte jaune, on remarque une modification de l’attention de l’enfant, surpris par cet événement inattendu. Par contre, si le jouet a été déplacé alors que l’acteur pouvait le voir, c’est le fait qu’il cherche dans la boîte verte qui provoque la surprise.
Cela signifie que dès l’âge de quinze mois, un bébé commence à comprendre que "les croyances sont seulement des représentations de la réalité qui peuvent être vraies ou fausses".
Ces expériences remettent en cause une partie de ce que l’on savait du développement de l’enfant, et notamment l’idée d’un bouleversement psychologique majeur au cours de la petite enfance. Elles ouvrent peut-être la voie à la réévaluation d’autres étapes du développement, en utilisant comme ici des méthodes simples et non-verbales. A plus court terme et sur un plan pratique, elles devraient permettre une détection plus précoce de l’autisme.
Source : Psychological reasoning begins earlier than had been thought, study shows
Dimanche 12 juin 2005
Opération "Tempête sur la Spirale"
William Sturgis Lind, un conservateur membre de la Free Congress Foundation, a développé dès 1989 la thèse selon laquelle il y aurait eu quatre générations de conflits. Le lien entre cette évolution du style des guerres et la Spirale Dynamique est remarquable.
Pour Lind, les quatre générations commencent avec le traité de Westphalie qui, en 1648, met fin à la guerre de Trente Ans. Avant, la guerre était "l’oeuvre d’entités diverses : familles, tribus, religions, villes, entreprises commerciales". Après, elle devient le monopole de l’État. On est tenté de penser au triomphe définitif de BLEU sur ROUGE et VIOLET, guerres que Lind ne distingue pas.
La première génération de conflits débute à ce moment et se poursuit jusqu’en 1860. Elle instaure la "culture militaire de l’ordre". Elle se manifeste par des combats formalisés et ordonnés et une guerre de lignes et de colonnes. Il apparaît alors tout ce qui, aujourd’hui encore, distingue le militaire du civil : uniformes, salut, grades. Bref, un monde BLEU où chacun est à sa place.
Les progrès technologiques aboutissent à des armes de plus en plus meurtrières qui rendent le déploiement en lignes et colonnes totalement inefficace. La deuxième génération de conflits se met alors en place, développée notamment par l’armée française lors de la Première Guerre mondiale. Des attaques massives d’artillerie nettoient le terrain que l’infanterie peut alors occuper. Cette seconde génération préserve le concept d’ordre : des règles et procédures strictes régissent le fonctionnement des armées, l’obéissance est indispensable et l’initiative interdite, la chaîne de commandement part du sommet. On est donc toujours dans le vMème BLEU (horizon, bien sûr !).
Ayant appris cette stratégie de l’armée française en 1917 et 1918, l’armée américaine l’applique toujours. La guerre d’Irak en est un exemple flagrant, si on remplace dans le paragraphe précédent artillerie par aviation, et si on ajoute les chars à l’infanterie. Quand on sait l’importance de BLEU dans la culture des États-Unis, thème plusieurs fois abordé dans ces pages, la persistance de la deuxième génération de conflits ne semble guère étonnante.
C’est l’armée allemande qui invente la troisième génération, au début du XXe siècle, la guerre de manoeuvre. Plus que l’intensité de l’attaque et l’usure de l’adversaire, il s’agit désormais de le surprendre en le contournant et en attaquant ses arrières, et de l’épuiser et le démoraliser par la rapidité des mouvements de troupes. Selon Lind, la troisième génération représente autant un changement de culture qu’un changement de tactique. L’initiative devient plus importante que l’obéissance : dans les jeux de guerre destinés à former les officiers allemands, on leur soumettait régulièrement des problèmes qui ne pouvaient être résolus qu’en désobéissant aux ordres. La rapidité sur le terrain implique un certain niveau de décentralisation. De toute évidence, nous sommes devant les signes indiscutables d’un passage en ORANGE.
Selon Lind, la quatrième génération vient d’apparaître. Elle se caractérise par encore plus d’initiative et de décentralisation, mais surtout par le fait que pour la première fois depuis le traité de Westphalie, l’État perd son monopole sur la guerre. Les guerres modernes sont des guerres entre cultures, presque toutes menées par des organisations non-étatiques comme Al-Qaida, le Hamas ou le Hezbollah. "Au coeur des conflits de quatrième génération est la crise universelle de légitimité de l’État;"
En partant de l’idée d’une quatrième génération, les premiers aspects peuvent faire penser à une exacerbation d’ORANGE, mais les suivants ont un caractère nettement régressif qui en fait douter. Le général Mattis conteste d’ailleurs fortement l’idée même d’une quatrième génération en affirmant qu’il n’y a dans les conflits actuels "RIEN de nouveau". Le fait que les pays dont émanent ces organisations en guerre soient pour la plupart centrés en VIOLET et ROUGE, avec parfois une couche de BLEU, nous ferait plutôt pencher pour une réapparition des guerres ROUGE, avec les capacités technologiques et la possibilité de mondialiser le conflit créées par ORANGE. Cela reste bien sûr à vérifier.
Source : William S. Lind, “Understanding Fourth Generation War”
Mercredi 8 juin 2005
Un marché comme un autre
NRJ, la radio des ados, a décidé d’analyser les valeurs de la génération des 12-25 ans. Résultat, le jeune est lancé dans une "conquête de soi très intérieure, dont les émotions sont la clé". Toutefois, cette exploration individuelle a une forte dimension collective : il a "l’esprit Woodstock", il est dans une "une recherche de viscosité, de sueurs partagées, d’échange de fluide". Il veut "vivre en hyper-émotion, laisser son empreinte et créer un ego-système". Collectivité plus émotions, il y a du VERT dans l’air.
La direction de NRJ semble plus en ORANGE, et ORANGE adore tous les autres vMèmes tant qu’il peut leur vendre quelque chose. Le NRJ Lab, "cellule de veille marketing sur les tendances", propose donc d’installer une "connivence de longue durée" avec ses auditeurs en "développant l’Emo-marketing" et en "ouvrant les champs du possible en les laissant interagir avec les marques". Ah le lyrisme du tiroir-caisse…
Source : Laurence Le Saux, “Cerveaux ados disponibles”, Télérama, N° 2886, 4 mai 2005, p. 20
Samedi 4 juin 2005
Des baby boomers à la génération X
Après avoir terminé leur adolescence dans la révolution anti-BLEU de 1968, les baby boomers se sont coulés avec délice dans le moule ORANGE et ont placé le travail au centre de leur vie. Désormais, ils approchent de la retraite et une nouvelle génération est prête à prendre le relais, que les sociologues appellent la “génération X”.
Pour le compte du magazine Enjeux Les Échos, le cabinet SECOR Conseil a analysé les motivations de cinquante de ceux qui, au sein de cette génération, seront les "leaders de demain". Les jeunes dirigeants sélectionnés pour cette étude répondaient à trois critères : être membre d’un comité de direction, être reconnu comme un leader, et avoir connu une évolution de carrière particulièrement rapide. Un tel choix rend d’autant plus frappant la distance que ces futurs grands patrons ont prise avec ORANGE.
Seul 30% d’entre eux sont motivés par le goût du challenge, et 59% n’ont pas de plans de carrière précis. "Dans leur majorité, nos patrons en herbe trouvent plus important de vivre en accord avec leurs valeurs que de grimper les échelons de la hiérarchie", et ces valeurs sont l’honnêteté, la responsabilité sociale, le plaisir et le développement des talents autour d’eux. Ils pensent que leurs principales qualités en tant que managers sont la chaleur et la convivialité (45% !), la franchise, la confiance, la délégation et l’écoute. La transition d’ORANGE à VERT est visiblement en marche, avec les avantages et les défauts du vMème puisque 25% d’entre eux "reconnaissent n’être pas toujours assez directifs".
Gros travailleurs, ils considèrent indispensable d’équilibrer vie professionnelle et vie personnelle. Pour cela, ils ont tendance à se fixer une discipline de vie et à la respecter. Par exemple, 70% travaillent rarement le week-end et 15% ne le font jamais. 45% prennent leurs cinq semaines de congés payés ("et c’est non négociable !" affirme l’un deux) et 20% parfois plus. Deux ont déjà pris une année sabbatique.
Les détails de l’étude laissent penser qu’une proportion non négligeable d’entre eux accède aussi au vMème JAUNE. On comprend que pour les baby boomers enfermés en ORANGE, ce soit la “génération X”. Mais un peu de Spirale Dynamique, et l’inconnue cesse d’être aussi mystérieuse.
Source : “Patrons de demain : pourquoi ils se lèvent le matin”, Enjeux Les Échos, N° 212, Avril 2005, pp. 60-61


Commentaires
dim 06 jui 08, 16:49
Bonjour Christian ! Les Ind iens de Colombie Britannique a vaient résolu ce genre d [...]
jeu 03 jui 08, 17:32
Je me souviens, Fabien et Chri stian, qu'au début des années 1970, cette représentati [...]
jeu 03 jui 08, 14:02
Bonjour Christian, Rassure- toi, les scientifiques de la N ASA sont de grands intui [...]
jeu 03 jui 08, 13:30
Bonjour Fabien, Voici donc la preuve physique extérieure indéniable qui permet de [...]
mer 02 jui 08, 13:09
Bonjour à tous, Aurore et C oriolan, voici les dernières p etites nouvelles du Kera [...]
lun 30 jun 08, 10:39
À propos du même film, ma femm e a trouvé une autre interview dans laquelle [url=http [...]
lun 30 jun 08, 09:32
Bonjour Jorune, Merci d'avo ir cherché la citation complèt e. Seuls les actes pe [...]
dim 29 jun 08, 19:19
Fabien, Je viens de récupér er la fin de la phrase, et aus si le contexte de la phr [...]
dim 29 jun 08, 06:23
Bonjour à tous, Il me sembl e, Jorune, que tu as là une vi sion un peu trop [i]Peac [...]