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« La connaissance de soi est une naissance à sa propre lumière, à son propre soleil. L'homme qui se connaît est un homme vivant. »
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« Celui qui sera étudié lui-même sera bien avancé dans la connaissance des autres. »
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Lundi 30 mai 2005
Vox populi
Le non à la constitution européenne l'a donc emporté hier de façon claire et incontestable à la fois par l'ampleur de l'écart des voix avec le oui, et par l'importance inattendue de la participation. Les modèles de Spirale Dynamique et de l'Ennéagramme permettent de comprendre ce qui s’est passé de manière un peu différente des analyses politiques traditionnelles. Ils nous éclairent sur les personnes, la culture et la société.
Le triomphe du non recouvre deux composantes : un vote de rejet de la majorité politique en place pour des raisons purement françaises, et un refus du traité constitutionnel dans son état actuel.
Le vote-sanction contre Jacques Chirac et sa majorité UMP s'explique bien sûr par des raisons économiques et sociales. La société française est centrée autour des vMèmes BLEU et ORANGE avec un VERT émergeant. L'individualisme ORANGE pousse à voter en fonction de ses problèmes personnels plutôt qu’en tenant compte de considérations d'intérêt général ou de l'intégration d'une dimension communautaire comme l'UE ; ORANGE a donc voté en fonction de son sentiment de confort social, ce que les analyses de vote confirment (oui largement majoritaire chez les cadres supérieurs, faiblement majoritaire dans la classe moyenne et fortement minoritaire dans les catégories populaires et modestes). Quant à VERT, il est en rejet de la démocratie représentative au profit de la démocratie participative, et un tel référendum était un bon moyen de le signaler en votant non face à une classe politique presque unanimement favorable au oui.
Cette dimension intérieure du vote était prévisible et prévue, et on notera que rien n'a été fait pour l’éviter. Plutôt que d'annoncer « une nouvelle impulsion » pour l'après-référendum à une France sceptique après l'absence de prise en compte des résultats des élections régionales et européennes de 2004, il eût suffi de prendre des mesures politiques fortes à temps. Nous y reviendrons.
Ce vote protestataire, aussi important soit-il, n'est pas seul. Les médias ont beaucoup insisté au cours de ces dernières semaines sur l’ampleur du débat à propos de l'Europe au sein des familles, ou sur le fait que les livres consacrés à la constitution européenne se sont étonnamment bien vendus. Il y a donc eu aussi un vrai vote anti-constitution. Dans notre article du 25 avril, nous avions souligné que le non regrouperait des votes remettant en cause le vMème ORANGE, soit depuis les niveaux précédents, soit depuis le niveau suivant de la Spirale.
BLEU voit dans l'Europe une dissolution de la nation et s’y oppose. Cependant le fait que la France soit un pays de culture 4 dans l'Ennéagramme élargit ce problème d'identité à l'ensemble de la population : dans les votes précédents, cela s'était manifesté par un désintérêt et une faible participation ; ici au contraire, l'emploi du mot constitution (pour un texte qui n'en était pas vraiment une !) a donné un caractère solennel à cette élection et provoqué mobilisation et rejet. VERT a rejeté le caractère ORANGE du texte qu'il a trouvé excessif.
Enfin l'incapacité à créer une culture européenne en faisant que l'Europe existe à tous les niveaux de la Spirale a certainement joué un rôle majeur. Quand est-ce que les journaux télévisés, par exemple, consacreront un temps régulier et substantiel à nous parler de la vie de nos voisins européens, en dehors des avatars de leur économie et de leurs dirigeants politiques ?
Face à tout cela, et à l'inexorable montée du non dans les dernières semaines, les personnalités censées représenter le oui n'ont pas été à la hauteur de leur tâche.
À gauche, François Hollande est un ennéatype 9 et en temps normal, il fait merveille pour rassembler les différents courants du PS derrière sa personnalité perçue comme peu menaçante pas ses rivaux potentiels. Mais il a été incapable de gérer la situation conflictuelle provoquée par l'attitude de Laurent Fabius et d’Henri Emmanuelli, avec pour résultats des électeurs socialistes votant majoritairement en opposition avec les consignes de leur parti. Quant à Lionel Jospin, un ennéatype 1, il est revenu de l'île de Ré pour nous refaire le numéro du gars sérieux, numéro qui pourtant ne s'était pas taillé un franc succès en 2002. Autre 1, Jacques Delors s'est empêtré dans des déclarations perçues comme contradictoires, perfectionnisme du type oblige.
À droite, Jacques Chirac n'a pas fait mieux. Comme nous l'avons dit plus haut, il n'a pas su prendre les mesures préventives qui auraient dissocié les problèmes français de la question européenne. Le moins qu'on puisse dire est qu'il n'a pas une image d'Européen convaincu et de longue date. Certains se rappellent encore de l'appel de Cochin en 1978 : « Nous disons NON. NON à la politique de la supranationalité. NON à l'asservissement économique. NON à l'effacement international de la France. […] Nous disons non à une France vassale dans un empire de marchands. […] Comme toujours quand il s'agit de l’abaissement de la France, le parti de l'étranger est à l'œuvre avec sa voix paisible et rassurante. Français, ne l'écoutez pas. C’est l'engourdissement qui précède la paix de la mort » ; on dirait du Besancenot cru 2005 ! Le lyrisme en plus. Sans aller chercher aussi loin, dire lors de son intervention télévisée du 3 mai que la constitution européenne en projet était « la fille de 1789 » et qu'elle reprenait « en réalité toutes les valeurs qui sont celles de la France » n'était pas réellement un discours pro-européen, et a d'ailleurs profondément choqué nos partenaires de l'UE convaincus que les partisans du non dans d'autres pays sauraient se resservir de cette phrase.
Cette image européenne floue est bien évidemment une conséquence directe de l'ennéatype 3 de Jacques Chirac et de la capacité qu'il implique à s'adapter et à changer en fonction des objectifs et des circonstances. Ajoutons qu'un 3 est à la recherche d'une image sociale et que pour bien fonctionner, il a besoin, encore plus qu'un autre, d'un contact réel avec la société. Il est significatif à cet égard que c'est pendant les campagnes électorales que Jacques Chirac est au meilleur de sa forme physique, émotionnelle et intellectuelle. Enfermé depuis des années dans le palais de l'Élysée, il a perdu le contact direct avec la population qui lui est absolument nécessaire. D’où l'incapacité à prendre les mesures préventives appropriées (cf. supra), et la remarque faite, lors de l'intervention télévisée du 14 avril, à un panel de jeunes pourtant soigneusement sélectionnés : « Je ne [vous] comprends pas. » Un désastre, beaucoup de Français s'étant alors demandé s'il n’y avait que les jeunes que le président ne comprenait pas.
Ajoutons pour conclure que ce référendum, le Parti Socialiste l'avait demandé et que Jacques Chirac l'a « voulu ». À l’époque, ils pensaient que le oui triompherait et chacun espérait en tirer un profit personnel. La montée en puissance du non au cours de la campagne a été un choc considérable. En théorie de Spirale Dynamique, il s'agit même d'un point β provoquant une régression (creux γ) au vMème précédent. Effectivement, la campagne a été, pour ces partisans d'ORANGE, l'occasion d’une régression en BLEU : on a vu une pression médiatique considérable en faveur du oui, surgir des arguments du type "oui ou le chaos", quatre interventions du président à la télévision non comptées sur les temps de parole de la campagne, des contestations par anticipation du résultat (on vous fera revoter), bref tout un ensemble d'attitudes fort peu démocratiques qu'on n'avait pas vues en France avec cette ampleur depuis les présidences du général de Gaulle et de Georges Pompidou, clairement dominées par le vMème BLEU.
Un point β est une crise forte, mais aussi une occasion d'évoluer vers le vMème suivant. Cette occasion sera-t-elle saisie ? Le choix du prochain premier ministre et la réaction des institutions européennes donneront rapidement la réponse.
Samedi 28 mai 2005
ORANGE indigeste
Que croyez-vous qu’il faille maîtriser comme techniques pour obtenir un Certificat d’Aptitude Professionnelle de cuisinier ? Je vous le donne en mille. S’agit-il de savoir détailler les poissons, brider les volailles, hacher la viande au couteau ou au hachoir, désarêter un poisson plat, désosser une selle d’agneau, réaliser des marinades crues ou cuites, exécuter une ganache, etc. ? Ou bien faut-il être capable d’utiliser des produits agroalimentaires industriels, de préparer les surgelés, de remettre en température les viandes les légumes et les poissons, de faire cuire les produits surgelés, etc. ?
Si vous avez choisi les premiers savoir-faire, vous avez perdu. En janvier dernier, le ministère de l’éducation a retiré ces compétences de la liste des connaissances exigées pour obtenir le CAP, et les a remplacées par celles de la seconde. Quand ORANGE ne va pas bien, le matérialisme avide l’emporte sur tout le reste.
Suite du test. Dans quel pays croyez-vous qu’une mesure aussi scandaleuse, mettant à terme tout le secteur de la restauration sous la coupe des industriels, puisse être prise ?
Aux États-Unis, pays du fast-food ? Que nenni, cela se passe en 2005 en France. Je préfère laisser conclure JP Géné qui, lui au moins, sait rester mesuré malgré la gravité de la situation : "La gastronomie française, de plus en plus contestée à l’étranger, est désormais menacée dans ses propres écoles. En langage pénal, cela s’appelle une tentative d’homicide avec préméditation. Et avec votre complicité, monsieur le Ministre."
Source : JP Géné, “Tentative d’homicide”, Le Monde 2, N° 65, 14 mai 2005, p. 22
Jeudi 19 mai 2005
Petit Dragon devient grand
Singapour, l’un des quatre Petits Dragons, est un passionnant exemple in vivo d’évolution d’une société le long de la Spirale Dynamique.
La ville-État de Singapour compte quatre millions d’habitants appartenant à cinq ethnies différentes, qui, lors de la création du pays par sa séparation de la Malaisie en août 1965, étaient pour la plupart centrées en VIOLET et ROUGE. Pétri de morale confucéenne, Lee Kuan Yew, le fondateur du pays, a donc compris la nécessité de créer une société BLEU. Pour cela, il a pris deux types de mesures.
D’abord, il a instauré des lois extrêmement strictes. L’interdiction de mâcher des chewing-gums est emblématique et a fait le tour du monde occidental, mais ce n’est que le sommet de l’iceberg : jeter un simple ticket de métro dans la rue vous vaut des amendes d’un montant exorbitant, les voitures sont tellement taxées que cela revient à les interdire à la plupart de la population, les véhicules utilitaires sont équipés obligatoirement d’un signal lumineux externe qui indique tout dépassement de vitesse, il faut être marié pour obtenir un logement, les pratiques sexuelles jugées contre-nature sont réprimées, la possession de drogue peut valoir la peine de mort, le châtiment de bastonnade est prévu pour une trentaine d’infractions, etc.
Ensuite, Lee Kuan Yew a voulu créer une unité nationale transcendant les particularités ethniques : la langue officielle est l’Anglais, un service militaire obligatoire d’une durée de 2 ans avec des rappels annuels pendant 13 ans a été instauré, des vacances publiques communes ont été crées, des festivals ont été organisés. En même temps, la tolérance envers tous les types de croyance est devenu un principe intangible.
Vu depuis les normes européennes ORANGE, tout cela ne peut que surprendre et choquer. Mais cela s’est révélé efficace. Il y a un véritable sentiment national singapourien BLEU qui transcende les particularismes culturels VIOLET, et Singapour est la ville du monde la plus propre et la plus sûre ce qui montre l’efficacité de la mise sous contrôle de ROUGE.
Parallèlement, le gouvernement de Singapour a voulu développer son économie et l’absence totale de ressources naturelles imposait que ce soit dans les hautes technologies et le tertiaire. Mais bien évidemment une société BLEU n’est pas le terreau idéal pour ce type d’activités : trop de contraintes et pas assez d’initiative individuelle notamment. D’où la crise économique du début des années 2000.
Le gouvernement a alors entamé une démarche destinée à développer le vMème ORANGE.
Le corset législatif est en train d’être assoupli : on peut consommer du chewing-gum si on dispose d’une ordonnance médicale, les homosexuels peuvent désormais travailler dans la fonction publique, des spectacles avec des danseuses aux seins nus ont été autorisés et la femme de Lee Kuan Yew y a même assisté, des films parlant de sexe ou critiquant ouvertement le pouvoir en place sont projetés, etc. Cette libéralisation ne se fait pas sous la pression de l’opinion publique, et bien au contraire fait plutôt peur à l’homme de la rue. Elle reste sous contrôle de façon à ne pas perdre les avantages de BLEU.
Parallèlement à la prudente démocratisation de la société, l’économie a évolué en utilisant là aussi un mélange efficace de BLEU et d’ORANGE. L’éducation est une priorité avec un mélange de discipline, de haute technologie, de compétitivité et de recherche d’efficacité. Les activités de haute technologie sont développées de manière volontariste. Par exemple, dès 2000, un plan de 5 ans a été élaboré pour faire des biotechnologies le troisième pilier de l’économie à côté de la chimie et de l’électronique. Immédiatement, l’arsenal législatif nécessaire pour que les meilleures sociétés étrangères puissent s’installer à Singapour tant qu’elles embauchent et produisent sur place a été promulgué, des lois autorisant les expérimentations nécessaires ont été votées, les démarches administratives permettant l’installation et le travail des chercheurs ont été considérablement simplifiées. Déposer un brevet international est remarquablement facile et un simple coup de fil permet d’obtenir les équipements nécessaires à son activité. Résultat, les ténors mondiaux de l’industrie se sont installés à Singapour, les chercheurs étrangers reconnaissent n’avoir jamais travaillé dans d’aussi bonnes conditions, et le secteur représente déjà 8% de la production totale de l’État.
Étonnant, non ? Que donnera cette marche forcée le long de la Spirale ? Le gouvernement de Singapour respecte les étapes de développement du modèle de Graves, mais le rythme accéléré auquel est soumis la population est-il réaliste ? Singapour saura-t-il aller au-delà d’ORANGE ou la vision des dirigeants s’arrête-t-elle là ? Un laboratoire social à suivre de près.
Source 1 : Marco Rangi, “Le dragon rentre ses griffes”, L’Express, N° 2729, 23 octobre 2003
Source 2 : Nathalie Villard, “Singapour offre des ponts d’or aux as des biotechs”, Capital, N° 163, Avril 2005, p. 9
Dimanche 15 mai 2005
Concentré d'ORANGE
A 74 ans, Gary Becker, prix Nobel d’économie 1992, est encore vert. C’est une façon de parler parce que s’il est fort créatif, toutes ses idées sont une pure expression du vMème ORANGE. En voici, un petit florilège, histoire de rire cinq minutes. D’un rire jaune, bien entendu.
L’immigration est "bonne pour l’économie et dynamise le marché du travail". Vendons donc aux étrangers le droit d’entrer dans notre pays. Cher, afin que seuls les plus jeunes et les plus ambitieux en profitent. Au passage, ils se seront endettés pour quelques années, ce qui est tout bénef.
Les gouvernements n’arrivent pas à mettre fin au trafic de drogues. Peu importe, légalisons-les toutes. En les taxant fortement bien sûr.
La gratuité de l’enseignement est foncièrement injuste, puisque tout le monde paye pour ceux qui demain seront les mieux lotis de la société. Mettons fin immédiatement à ce scandale.
Pour Becker qui enseigne à l’université de Chicago, le marché a réponse à tout et contient en lui toutes les valeurs. Par exemple, Becker trouve que l’apartheid en Afrique du Sud était mauvais. Parce qu’il était une injustice abominable ? Que nenni, parce qu’il était "économiquement néfaste pour les deux communautés".
Parfois trop, c’est trop ! Ce sont des gens comme Becker qui nous feraient oublier tous les apports positifs d’ORANGE à notre monde.
Source : Romain Gubert, “Gary Becker, un Nobel libéral pur jus”, Le Point, 4 avril 2005
Samedi 7 mai 2005
Du docu, en veux-tu, en voilà !
Avant-hier donc, je suis allé voir Le Cauchemar de Darwin. Traitant d’un sujet aride et réalisé par un inconnu (Hubert Sauper), ce film a bénéficié d’un bouche-à-oreille remarquable et a connu un succès inespéré : plus de 200 000 spectateurs.
Il ne s’agit pas d’un phénomène isolé. Alors qu’il y a quelques années, les documentaires constituaient un genre suranné réservé à la télévision, de préférence en fin de soirée, les voilà qui se multiplient dans les salles de cinéma où ils rencontrent un public engagé et passionné. Michael Moore, précurseur avec The Big One en 1999, a même obtenu en 2004 la palme d’or à Cannes pour Fahrenheit 9/11, récompense dont on avait oublié qu’elle puisse échapper à une oeuvre de fiction.
Ces documentaires ont plusieurs points communs : ils décrivent le monde actuel ; ils en montrent les dysfonctionnements ; ils ont une forte dimension sociale. Leurs succès publics constituent donc un élément supplémentaire indiquant l’effritement d’ORANGE, et le début de son remplacement par un vMème plus collectif, VERT.
Vendredi 6 mai 2005
Le Cauchemar de Darwin
Ce n’est pas faire oeuvre de pionnier puisque le film est sorti le 9 mars, mais hier je suis allé voir Le Cauchemar de Darwin, réalisé par Hubert Sauper. Il s’agit d’un passionnant et terrifiant documentaire sur les conséquences sociologiques et économiques de l’introduction de la perche du Nil dans le lac Victoria au cours des années 1960.
Prédateur vorace et terriblement efficace, la perche du Nil a détruit toutes les espèces indigènes qui peuplaient le lac et assuraient la survie des communautés avoisinantes. Des industries de pêche et de conditionnement se sont installées au bord du lac, et le poisson est exporté en Europe sous formes de filets, la population locale se nourrissant des déchets en décomposition. Le trafic aérien que cette activité implique est aussi l’occasion d’une juteuse contrebande d’armes.
En dehors de son intérêt en tant que tel, Le Cauchemar de Darwin est une illustration forte des concepts de Spirale Dynamique. Bien évidemment, les industries de transformation du poisson, comme les transporteurs aériens, sont centrés sur le vMème ORANGE, et une scène ahurissante montre des représentants de la Communauté Européenne se féliciter de cette réussite économique, à deux pas de la misère insoutenable dans laquelle vivent les Tanzaniens : famine, drogue, sida, prostitution, meurtres.
La population de la ville tanzanienne proche est, elle, centrée sur ROUGE. Chacun ne peut compter que sur soi. Quelqu’un qui va mourir doit vite regagner son village natal, parce qu’ici, personne ne l’aidera. Une part non négligeable de la population espère la guerre avec un des pays voisins, parce qu’alors l’armée embaucherait et ce serait l’occasion d’avoir un salaire décent. Le film ne le dit pas explicitement, mais on comprend que la vie était ici plutôt centrée sur VIOLET, et que l’introduction de la perche du Nil a provoqué l’explosion de cette société, et le passage en ROUGE.
En termes de Spirale Dynamique, il y a deux conclusions simplistes à éviter. La première consisterait à voir dans ce film une pure et simple condamnation d’ORANGE. En réalité, le problème ne vient pas d’ORANGE en soi, mais de l’implantation d’un sous-ensemble ORANGE dans une population absolument incapable de comprendre et d’intégrer ce vMème. Cela aurait été le rôle d’un gouvernement éclairé de mener un politique sociale et économique permettant la création de cette industrie sans détruire la culture locale. Même si cela avait rendu la perche du Nil un tout petit peu plus chère dans nos assiettes…
La deuxième erreur serait de dire que le passage de VIOLET à ROUGE est un cheminement obligatoire sur la Spirale, et n’est donc pas dramatique. Mais ROUGE se construit à partir de VIOLET, et non par sa destruction artificielle et extérieure. Coupé de toute racine, privé de toute possibilité de survie économique, ROUGE ne manifeste alors que ses aspects négatifs.
Choqués par ce spectacle, de nombreux spectateurs réagissent émotionnellement et appellent au boycott de la perche du Nil. Mais la situation est trop dégradée pour qu’une mesure unique résolve le problème. Le boycott ne ferait que ruiner l’industrie locale et les personnes qui y travaillent, sans pour autant reconstituer un tissu social sain.

Commentaires
ven 10 oct 08, 08:23
Bonjour Aurore, [i]"Je pense que oui… En écrivant la phra se citée, je m'étais dit [...]
jeu 09 oct 08, 16:34
Bonjour à tous, @ Fabien : "Début d'une hypothèse scientifique ORANGE ?" [...]
jeu 09 oct 08, 16:18
Bonjour à tous, Ouah… Super , je pars de ce pas vivre en O uganda ! J'ai toujours r [...]
lun 06 oct 08, 09:46
Aurore, mon fils est maintenan t suffisamment grand pour qu'i l sache me dire non, par [...]
lun 06 oct 08, 09:35
Aurore dit : [i]"J'ai vu Wallace se demander où étaient les absents avantagés par le [...]
lun 06 oct 08, 08:09
Bonjour à tous, Aurore : [i]"Comment faites-vous tous pou r vivre, et pas seulemen [...]
lun 06 oct 08, 07:43
Très simple Aurore : à 9 ans, j'avais une idée assez précise des métiers que je voul [...]
dim 05 oct 08, 12:31
Merci pour vos réactions. Oui, ce stage m'a bien fait avance r, et c'est surtout le f [...]
dim 05 oct 08, 07:47
Bonjour à tous, @Christian : [i]"Une personne à dominante ER peut-elle [...]