Costa-Gavras est l’un des rares cinéastes politiques français et parmi eux, un des encore plus rares à savoir faire des oeuvres populaires au sens noble du terme. Le Couperet, son dernier opus, est un film engagé et militant, un drame social et humain porté par la magnifique et subtile interprétation de José Garcia.
Adapté d’un roman de Donald Westlake, l’anecdote est simple. Travaillant dans l’industrie papetière, Bruno Davert est licencié par son entreprise, à la suite d’un plan de délocalisation et de compression de personnel. Avoir été un cadre supérieur loyal, compétent et créatif n’est pas suffisant pour retrouver du travail dans une industrie en crise. Après plus de deux ans de vaines recherches, Bruno Davert décide de créer son propre emploi : pour cela, il va assassiner un spécialiste de l’industrie papetière en fonction, et tous les chômeurs qui seraient susceptibles d’occuper ce poste devenu disponible.
Outre son intérêt sur le plan cinématographique, le film est passionnant du point de vue de Spirale Dynamique. Globalement, il est une critique acerbe des aspects négatifs du vMème ORANGE tels qu’ils se manifestent dans l’économie libérale actuelle : l’objectif matérialiste a tout emporté dans le monde professionnel de Bruno Davert.
Le personnage de Davert est plus diversifié. Lorsqu’il était en poste, il manifestait à la fois les vMèmes VIOLET et ORANGE. Sa vie collective dans l’entreprise était marquée par VIOLET : ses collègues et lui constituaient une “tribu”. En même temps, il était parfaitement intégré sans états d’âme dans le monde ORANGE, menant une vie bourgeoise et socialement conforme.
Le parcours de Bruno Davert illustre bien la théorie du changement de Spirale Dynamique.
Son licenciement constitue pour lui ce que la théorie appelle un point β : Bruno Davert est confronté à un problème qui n’a pas de véritable solution au sein du vMème en cours, ORANGE. Il ne le sait pas et est persuadé de retrouver rapidement un emploi à la hauteur de ses compétences.
L’échec de cette recherche l’amène au creux γ : il réalise que les moyens traditionnels ne lui permettront jamais de retrouver un emploi. Il a un insight sur l’origine du problème : les usines ne sont plus là pour fabriquer du papier, mais uniquement comme prétexte à produire de l’argent pour les actionnaires ; l’homme n’est plus qu’un outil au service de cet objectif. Il perçoit même que la solution consiste à remettre l’humain au centre et à passer d’un monde centré sur soi à un autre plus collectif. A ce moment du film, Bruno Davert est en état de transition entre ORANGE et VERT, en ORANGE/vert plus précisément.
Mais il se révèle incapable d’aller jusqu’au bout du changement et de trouver une solution en VERT. Il revient donc à une démarche individualiste ORANGE et commence à abattre ses “concurrents”.
Pour connaître le résultat de cette démarche, rejoignez votre salle obscure préférée.
Commentaires
mar 06 jan 09, 11:11
Bonjour Bénédicte, J'y ai a ussi pensé quand j'ai lu cette nouvelle. Du coup, je m [...]
mar 06 jan 09, 10:08
Bonjour Fabien, Elles aurai ent pu aussi appliquer la méth ode décrite par Aristoph [...]
mar 06 jan 09, 08:41
Bonjour à tous, Wallace et Coriolan, merci pour vos vœux. @Wallace : Il y a [...]
lun 05 jan 09, 17:32
En fait, je déteste le côté co nvenu des vœux (VIOLET ? BLEU ?), mais je prends suffi [...]
lun 05 jan 09, 09:45
Bonne année à tous… si l'état du monde nous le permet. Je sa is que ce n'est pas ce q [...]
dim 04 jan 09, 17:55
Bonjour à tous, C'est sympa de passer une partie de votre dimanche à m'écrire des [...]
dim 04 jan 09, 16:26
Bonne année à tous ! Fabie n et Aurore, j’aimerais bien s avoir ce que vous appele [...]
dim 04 jan 09, 15:18
Bonjour Fabien, Merci pour cette année et pour les précéd entes ! Que l'équilib [...]
dim 04 jan 09, 14:13
Bonjour Fabien, Bonne année 2009 à Patricia et à toi, ain si qu’à tous les lecteur [...]