De nombreux Français payent leur déjeuner à l'aide de chèques-repas fournis par leur entreprise. Parmi les sociétés produisant ces chèques, rien ne distingue a priori le groupe Chèque Déjeuner, numéro trois mondial du secteur, d'une société classique et de ses concurrents. Il détient 37% du marché. Occupant plus de 1200 personnes et gérant 33 filiales dont 9 à l'étranger, le groupe a un chiffre d'affaires de 155 millions d'euros et dégage plus de 15 millions de bénéfices.
Mais si on y regarde de plus près, Chèque Déjeuner est depuis sa fondation en 1964 une SCOP, une Société Coopérative de Production. Cela signifie que tous les employés, quelle que soit leur position dans l'entreprise, bénéficient d'une voix lors des assemblées générales, et détiennent une part égale du capital. 45% des bénéfices sont également distribués aux salariés-actionnaires, et une autre part de 45% est consacrée à des réserves, ainsi qu'à la recherche et au développement. Enfin 3,5% est mis dans un fonds de solidarité.
Aux 35 heures depuis 1986, l'entreprise consacre à la formation un budget six fois supérieur à l'obligation légale. Elle considère l'emploi des femmes comme prioritaire (54% de l'effectif). Elle participe à des actions dans le domaine du commerce équitable et de la lutte contre l'illettrisme. En quarante ans d'existence, pas un jour de grève n'a été enregistré.
Lorsqu'il est parti à la retraite à 80 ans en 1991, Georges Rino, le fondateur, possédait 10.000 € du capital et gagnait 3800 € brut par mois, soit cinq fois plus que le plus bas salaire de l'entreprise. « Cette échelle des salaires est toujours en vigueur. » Son successeur, Jacques Landriot, sait qu'il peut « être viré chaque année par ses gars ».
Cette société « porteuse de sens » cherche à « être dans le marché tout en ayant une autre finalité que le profit, l'humain ». Elle est parmi les 1700 entreprises françaises organisées en SCOP qui sont les pionnières d'une économie sociale qui « sort du bois » et représente 10% du PIB et de l'emploi : « Tout le monde sent bien qu'un autre système est possible, c'est une tendance lourde aujourd'hui et on commence à nous écouter. »
VERT ? Certainement. Et digeste en plus.
Source 1 : Groupe Chèque Déjeuner
Source 2 : Jean-Philippe Poulnot, "Profession coentrepreneur", Tandem, N° 11, Septembre 2004, pp. 26-27
Cet article a été mis à jour le jeudi 26 avril 2007 à partir de :
Source 3 : Nathalie Funès, "Ici, on partage tout !", Le Nouvel Observateur, N° 2214, 12 avril 2007, p. 43
Commentaires
jeu 20 nov 08, 08:44
Bonjour Aurore, [i]"L'amour est conditionnel à tous les a utres niveaux de la prem [...]
jeu 20 nov 08, 07:44
Bonjour Samy, "Utopiste ?" Je crois. Effective ment, un degré minimum d [...]
mer 19 nov 08, 21:28
Salut, Merci à tous pour ce tte belle discussion. Elle fai t tout à fait sens dans [...]
mer 19 nov 08, 12:50
Bonjour Fabien, Je trouve t oujours très surprenant et dom mageable pour le fonctio [...]
mer 19 nov 08, 08:40
Bonjour Wallace, Tu as tota lement raison sur la légitimit é de la tristesse des co [...]
mar 18 nov 08, 15:06
Je comprends que des députés p uissent avoir du chagrin en pe nsant à la dépression et [...]
mar 18 nov 08, 15:00
Oui, c'est exceptionnel de voi r un journaliste manifester un e telle implication émot [...]
mar 18 nov 08, 07:34
Bonjour Samy, Merci pour ta participation et ton apprécia tion positive sur mon tr [...]
lun 17 nov 08, 10:40
Bonjour Fabien, Je trouve a ussi cette intervention toucha nte et belle. Tu insi [...]