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« La connaissance de soi est une naissance à sa propre lumière, à son propre soleil. L'homme qui se connaît est un homme vivant. »
- Marie-Madeleine Davy
« Celui qui sera étudié lui-même sera bien avancé dans la connaissance des autres. »
- Denis Diderot
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Mercredi 27 octobre 2004
Altruisme ?
Les cas connus d’altruisme chez les animaux sont nombreux. Par exemple, les singes Vervet préviennent leurs compagnons de l’arrivée d’un prédateur, quitte à se mettre en danger pour cela. Les chauves-souris régurgitent du sang et nourrissent les membres de leur groupe qui ont échoué dans leur chasse nocturne.
Des chercheurs de l’Université de Nottingham, sous la direction de Ian Hardy, ont découvert un cas encore plus étonnant. Ils ont étudié une guêpe parasite, Copidosoma sosares, dont le mode de reproduction (polyembryonie) est exceptionnel : un seul oeuf, pondu dans une chenille, produit jusqu’à 3500 larves. Celles-ci appartiennent à deux types, "aussi différents que Danny de Vitto et Arnold Schwarzenneger dans le film Jumeaux" selon le docteur Hardy. Le premier type est une reproductrice qui sortira adulte de la chenille, et le second, des larves soldats, n’est là que pour protéger la reproductrice et mourir après avoir entièrement consommé la chenille hôte.
Équipées d’une belle paire de mandibules, ces larves soldats sont extrêmement agressives envers tout étranger d’une autre espèce parasite, l’attaquent et le dévorent allègrement. Mais parfois la mère pond deux oeufs dans la même chenille, ou deux guêpes pondent dans la même chenille. Les larves se retrouvent alors confrontées à des membres de leur espèce. L’agressivité qu’elles manifestent à leur égard est exactement proportionnelle au degré de parenté qu’elles ont avec leur congénère. Même dans des moments où elles sont en train de mourir de faim, elles épargnent celles qui sont proches d’elles génétiquement.
À ce niveau, il est évident que l’altruisme est purement génétique. Qu’en est-il de notre altruisme humain que nous croyons conscient ?
Source : Keeping it in the family
Samedi 16 octobre 2004
Travailleur clandestin
Décidément le cerveau est un stakhanoviste. Une ancienne croyance affirme que nous n’en utilisons que 10 à 20%. Que fait le reste pendant ce temps-là ? Il travaille !
Des chercheurs de l’Université de Rochester, sous la direction de Michael Weliky, publient cette semaine dans Nature le résultat d’expériences menées notamment sur le fonctionnement du cortex visuel de furets. 80% de cette partie du cerveau est en activité perpétuelle, même en l’absence de tout stimulus externe (sauf chez les jeunes qui eux ne font rien !). C’est une énorme surprise, les chercheurs ayant jusqu’ici étudié le fonctionnement d’un ou de quelques neurones isolés, et non pas du cortex visuel tout entier.
La nature de cette activité est totalement inconnue, même si les chercheurs font l’hypothèse qu’elle est consacrée à maintenir et réévaluer une représentation du monde. Mais en attendant, vous avez le droit d’imaginer tout ce que vous voulez…
Source : Under the Surface, the Brain Seethes With Undiscovered Activity
Dimanche 10 octobre 2004
Atatürk
L’éventuelle entrée de la Turquie dans l’Union Européenne agite le Landerneau politique. C’est l’occasion de revenir sur ce personnage fascinant que fut Atatürk et de faire une analyse en termes de Spirale Dynamique.
Fils d’un fonctionnaire des douanes, Mustapha naît en 1881, s’inscrit en secret à l’académie militaire où ses compétences en mathématiques et en physique le font nommer Kemal, “le parfait”. Il fait une carrière militaire brillante, et bâtit sa popularité en créant un mouvement de résistance nationaliste et populaire quand en 1919 les Grecs envahissent Smyrne. Cette guerre d’indépendance se termine en 1922. En novembre de la même année, Mustapha Kemal prend la tête de la Turquie et restera au pouvoir jusqu’à sa mort d’une cirrhose en 1938.
En 1922, la Turquie est un sultanat théocratique. Pour Mustapha Kemal, l’incompétence du sultan Mehmed V, la structure féodale du pays et l’influence négative des religieux musulmans sont les causes de la faiblesse du pays. La structure de la Turquie est alors effectivement en BLEU, avec dans le pays et d’autant plus qu’on s’éloigne des villes une influence importante de VIOLET et ROUGE.
Au pouvoir, Mustapha Kemal va révolutionner son pays, comme peu de dirigeants l’ont jamais fait.
Il instaure une république laïque. Symboliquement, la basilique chrétienne Sainte Sophie, que les musulmans avaient reconvertie en mosquée, devient un musée. À l’époque les hommes politiques français se réjouissent de cette évolution du pays, et Édouard Herriot parlait d’une "conception de la laïcité qui dérive de nos doctrines". Cette séparation de l’Islam et de l’État s’accompagne de l’instauration d’un mariage civil, de la suppression des écoles religieuses, de l’adoption du calendrier grégorien et du système de mesures international, de l’obligation de porter des vêtements occidentaux (la fin du fez pour les hommes et du voile pour les femmes), de la création de nom de famille (il s’appellera dès lors Atatürk, “père des Turcs"), de l’utilisation de l’alphabet latin aménagé à la place de l’alphabet arabe, du remplacement d’une justice fondée sur les droits arabe et musulman par l’application du Code Civil suisse, du Code Commercial allemand et du Code Pénal italien.
Parallèlement, la situation des femmes s’améliore. La polygamie est interdite. Les femmes obtiennent en 1934 le droit de vote (onze ans avant la France) et d’éligibilité. D’ailleurs, de 1993 à 1996, la Turquie eut une femme, Tansu Ciller, comme Premier Ministre (en France, Edith Cresson le fut onze mois en 1991-92).
Des réformes économiques, importantes mais peut-être moins audacieuses, sont aussi entreprises : nationalisation de firmes étrangères, suppression de la dîme, timide réforme agraire, etc.
Le constat est évident : Atatürk a voulu introduire en Turquie le vMème ORANGE. C’était une tâche immense qu’il a menée de façon instinctive. Tout n’est donc évidemment pas rose dans le bilan du kémalisme, loin s’en faut. Comme les pays occidentaux dont il s’inspirait, la Turquie d’Atatürk est encore très fortement marquée par BLEU. L’État est centralisé et autoritaire. La notion de laïcité est un dogme indiscutable, comme elle l’était en France à l’époque. Le concept de patrie turque est un principe tout aussi indiscutable, et qui conduit à une attitude oppressive vis-à-vis des minorités, notamment les Kurdes et les Arméniens. On doit être Turc, un point c’est tout (rappelons pour mémoire qu’à la même époque, les enfants algériens sont obligés de réciter à l’école “Nos ancêtres, les Gaulois…").
Qu’en est-il quelque soixante-dix ans plus tard ? Visiblement, le changement a pris, ce qui est déjà exceptionnel, imposer un changement de vMème étant une tâche considérable. Il suffit d’être allé en Turquie et dans d’autres pays musulmans pour sentir la différence. Les Turcs vouent une admiration énorme à Atatürk, tout en écoutant l’iman de la mosquée voisine, montrant de manière saine la cohabitation possible des deux mondes. Que le changement ait pris ne signifie toutefois pas qu’il soit stable et définitif. La différence entre les villes et les campagnes est flagrante. Des minorités activistes islamistes ont plusieurs fois cherché depuis la mort d’Atatürk à inverser le processus de laïcisation, et les militaires qui s’estiment les garants et les héritiers de la révolution kémaliste sont intervenus systématiquement. Le régime est encore un régime autoritaire, selon les normes occidentales. Bref, nous sommes encore dans la transition entre BLEU et ORANGE et il reste toujours des poches centrées dans des vMèmes plus anciens à l’intérieur du pays.
Les risques de retour en BLEU sont amplifiés par la pauvreté du pays, et les Turcs voient dans leur entrée dans l’Union Européenne non seulement une promesse de progrès économique, mais un moyen de stabiliser les changements tout en obtenant plus de démocratie. C’est probablement l’intérêt économique et géostratégique de l’Union Européenne que ce soit le cas.
C’est sans doute aussi une nécessité sur le plan humain. On peut faire un parallèle entre la Turquie et l’Iran. Le Shah d’Iran a lui aussi essayé de faire entrer son pays en ORANGE, lui aussi d’une manière autoritaire, mais sans avoir la puissance, le charisme, la vision et surtout la popularité de Mustapha Kemal. On sait néanmoins ce que son échec et le retour en BLEU qui l’a suivi ont coûté à son pays et au reste du monde. Comment ne pas vouloir pour la Turquie un autre sort ?
Vendredi 1 octobre 2004
Prendre des notes en couleur
La théorie de Spirale Dynamique conçoit que chaque vMème est caractérisé par l’activation, en fonction des conditions de vie, de certaines capacités cérébrales. Nous sommes tous amenés à prendre des notes, que ce soit pour préparer une réunion ou dresser une liste de courses à faire.
De manière significative, il existe aujourd’hui toute une série d’outils informatiques permettant de le faire et qu’il est aisé de faire correspondre aux différents niveaux de la spirale.
Tout traitement de texte digne de ce nom donne, en plus de la possibilité de saisir un texte linéaire, celle de le structurer de manière hiérarchique. On est exactement dans une structure BLEU avec une idée centrale dont tout découle :

Avec les cartes mentales, la méthode reste fondamentalement hiérarchique, mais il devient possible de créer entre les éléments de la carte des liens transversaux. C’est typiquement le mode de pensée ORANGE :

Ce sont aujourd’hui les deux méthodes les plus connues et utilisées. Mais la relève est déjà là.
La méthode Visual Concept® consiste à noter toutes les idées en vrac, sans établir aucune hiérarchie entre elles, et en leur donnant exactement la même place et la même importance. Ce n’est qu’en fin de travail qu’une structuration sera faite. Voilà qui nous rapproche du mode de pensée VERT :

Enfin, un logiciel comme PersonalBrain structure les notes dans un réseau systémique complexe où toutes les combinaisons de liens sont possibles. Cela est une première ébauche d’un logiciel simulant le mode de pensée JAUNE :

En Spirale Dynamique, il n’y a pas de bon ou de mauvais niveau. Ce qui compte, c’est d’être dans un niveau adapté aux conditions de vie. De la même manière, aucun de ces logiciels n’est bon ou mauvais. Ce qui compte, c’est qu’il soit adapté à la complexité de la tâche à accomplir : je gère ma documentation et mes recherches avec PersonalBrain, prépare une formation sous forme de carte mentale et écris le plan d’un livre de manière hiérarchique avant d’aboutir à une présentation linéaire.
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Commentaires
jeu 20 nov 08, 08:44
Bonjour Aurore, [i]"L'amour est conditionnel à tous les a utres niveaux de la prem [...]
jeu 20 nov 08, 07:44
Bonjour Samy, "Utopiste ?" Je crois. Effective ment, un degré minimum d [...]
mer 19 nov 08, 21:28
Salut, Merci à tous pour ce tte belle discussion. Elle fai t tout à fait sens dans [...]
mer 19 nov 08, 12:50
Bonjour Fabien, Je trouve t oujours très surprenant et dom mageable pour le fonctio [...]
mer 19 nov 08, 08:40
Bonjour Wallace, Tu as tota lement raison sur la légitimit é de la tristesse des co [...]
mar 18 nov 08, 15:06
Je comprends que des députés p uissent avoir du chagrin en pe nsant à la dépression et [...]
mar 18 nov 08, 15:00
Oui, c'est exceptionnel de voi r un journaliste manifester un e telle implication émot [...]
mar 18 nov 08, 07:34
Bonjour Samy, Merci pour ta participation et ton apprécia tion positive sur mon tr [...]
lun 17 nov 08, 10:40
Bonjour Fabien, Je trouve a ussi cette intervention toucha nte et belle. Tu insi [...]