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« La connaissance de soi est une naissance à sa propre lumière, à son propre soleil. L'homme qui se connaît est un homme vivant. »
- Marie-Madeleine Davy
« Celui qui sera étudié lui-même sera bien avancé dans la connaissance des autres. »
- Denis Diderot
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Aller au cœur de la connaissance
Ce blog ne fait qu’effleurer la richesse et la puissance des modèles qu'il aborde. Sachez en utiliser tout le potentiel avec une formation. Prochains points d’entrée :
Spirale Dynamique : Bases, les 11 & 12 juillet 2009
Sociocratie : Bases, les 5 & 6 septembre 2009
À bientôt !
Dimanche 28 juin 2009
Peau d'ORANGE
Dans toute société, l'éducation des enfants consiste en priorité à les amener au vMème dominant de la société, et à défaut au vMème culminant des parents. Nous avons déjà évoqué ce phénomène en ROUGE, en BLEU et en ORANGE. Pour en rester à ce dernier niveau de la Spirale Dynamique, la Villa Clémenceau, un spa très chic de Bordeaux, pousse le bouchon un peu loin, me semble-t-il.
Désormais, pour la modeste somme de 80 euros — soit plus de dix heures de travail d'un smicard —, des fillettes âgées de 6 à 12 ans peuvent bénéficier d'un soin complet de 50 minutes : un massage « dos-dos », un soin visage « Joli Frimousse », et une mini-manucure « Doigts de fée ». Par exemple, le soin visage dure 20 minutes et comprend un nettoyage avec lait et tonique, un petit gommage, un massage relaxant du visage, un masque de serviettes chaudes parfumées à l'eau de rose, un massage relaxant du cuir chevelu et une hydratation. Indispensable à 6 ans où il est vraiment temps de commencer à « réparer des ans l'irréparable outrage ».
Ainsi, la « petite princesse reçoit son rituel beauté pour initiation ». Initiation à la futilité et au consumérisme, ça promet des lendemains qui chantent.
Si après cette information, c'est plutôt votre âme qui a besoin d'un soin, vous pouvez voir ou revoir Little Miss Sunshine.
Source : Emmanuèle Peyret. "Au spa comme ta mère". Libération, 9 juin 2009.
Mercredi 24 juin 2009
Le temps est venu
Ichak Adizes est un des plus réputés consultants américains. Dans le dernier numéro de sa lettre d'information, il analyse les causes de la crise du crédit et imagine des solutions. Selon lui, le problème principal vient de l'évolution des rapports entre les actionnaires et le management des entreprises.
Dans un fonctionnement normal, les actionnaires exercent un contrôle sur le management. Récemment, deux phénomènes ont grippé cette belle mécanique : la complexité de plus en plus forte des affaires dans le contexte de la mondialisation, et la dissolution du capital chez un grand nombre de petits porteurs. Dès lors, les actionnaires et le conseil d'administration n'exercent plus réellement leur fonction de régulation du management. Le seul intérêt commun entre le management, le conseil d'administration et les actionnaires est la recherche de la valorisation des actions de l'entreprise. Adizes pense que le système est vicié car ceux qui prennent le risque (les actionnaires) n'ont aucun contrôle réel sur l'entreprise, et ceux qui contrôlent l'entreprise (le management) ne prennent aucun risque.
Selon Ichak Adizes, le système capitaliste est cassé, car il n'est pas un système de gouvernance adapté à la complexité du monde d'aujourd'hui et à l'interdépendance de tous ses acteurs. Faire plus de régulations est une fausse piste. Trois grandes mesures lui semblent nécessaires :
- Introduire la démocratie à la base de l'entreprise : « les employés prennent les risques. Ils doivent donc être intégrés dans la gouvernance de l'entreprise. »
- Faire cesser l'opposition entre capital et travail : l'antagonisme entre ces deux composantes de l'entreprise est une source majeure de perte d'efficacité et de désintégration de l'entreprise.
- Proposer des solutions systémiques à des problèmes qui sont systémiques.
Adizes conclut en affirmant que le capitalisme va de crise en crise, et que cela continuera ainsi jusqu'à ce que « nous ayons le courage de changer le système de valeurs qui est à la base de nos décisions. »
Mis dans le langage de la Spirale Dynamique, Adizes nous dit que ORANGE a atteint ses limites, qu'un retour en BLEU est une correction illusoire du système, et que la solution passe par VERT et JAUNE. Mieux, les trois mesures proposées peuvent être concrètement mises en place avec le modèle de la sociocratie.
Comme le disait Victor Hugo, « il y a une chose plus forte que toutes les armées du monde, c'est une idée dont le temps est venu. »
Source : Ichak Kalderon Adizes, "An Opinion: What caused the credit crisis, and what is the solution?", Adizes.com, 17 juin 2009.
Dimanche 21 juin 2009
En direct liv(r)e
Dans nos sociétés de plus en plus hétérogènes et multiculturelles, comprendre et accepter les différences est une nécessité forte. Nous avons évoqué quelques moyens de le faire dans les billets intitulés “Intégrer les minorités ethniques” et leurs commentaires. Dans le même but, reprenant une expérience menée au Danemark, la bibliothèque de Malmö en Suède a lancé une initiative particulièrement originale. Il faut dire que Malmö, une ville de seulement 260.000 habitants, abrite plus de 140 nationalités différentes et connaît donc bien les problèmes posés par l'intégration de communautés diverses.
Depuis 2002, environ une fois par mois, les visiteurs de la bibliothèque peuvent consulter, en plus des livres, des personnes vivantes. La bibliothèque sélectionne des « livres vivants » appartenant à des catégories sociales ou ethniques qui peuvent faire l'objet de préjugés négatifs : « parents homosexuels, femmes musulmanes voilées, punks, militants de défense des animaux, skinheads, transsexuels, auxiliaires de la circulation routière, et beaucoup d'autres. » Les « livres vivants » sont des volontaires — le seul critère de sélection est qu'ils ne soient pas belliqueux — et peuvent être « empruntés » pour trois quarts d'heure. Selon Catharina Noren, l'initiatrice du projet, « les thèmes qui peuvent être traités sont illimités, mais chaque “livre” peut refuser de répondre à des questions qu'il estimerait inappropriées, une éventualité qui s’est rarement présentée. »
Les résultats sont très encourageants. Suite aux échanges, les « emprunteurs » ont une attitude plus ouverte vis-à-vis de la communauté dont est issu le « livre vivant », mais ce dernier aussi déclare avoir une meilleure compréhension du comportement et des interrogations des autres.
L'expérience menée à Malmö est vraiment un modèle simple et peu coûteux qui pourrait facilement être repris dans d'autres pays. Après tout, quand nous organisons un stage d'Ennéagramme ou de Spirale Dynamique, que faisons-nous d'autre ? Nous créons des rencontres entre des personnes appartenant à des ennéatypes et/ou utilisant des vMèmes différents, nous leur donnons la possibilité de s'exprimer, d'échanger et de s'interroger mutuellement, et nous espérons que ce processus génère plus de compréhension, de tolérance et de compassion. Et ça marche !
Source : Tomaso Palazzi, "Rencontres à la bibliothèque vivante", Courrier international, N° 959, 19 mars 2009, p. 13.
Mercredi 17 juin 2009
Éclosion de ORANGE
Nous avons récemment discuté des dérives de l'art contemporain au niveau ORANGE de la Spirale Dynamique. En voici un contrepoint. Le Musée du Luxembourg à Paris — coutumier d'expositions remarquables — présente des peintures de Filippo et Filippino Lippi provenant essentiellement du musée du Prato — une petite ville proche de Florence —, et dont certaines n'avaient jamais quitté l'Italie.
Du point de vue artistique, l'œuvre de Filippo Lippi (1406-1469) est une magnifique concrétisation de la transition BLEU/ORANGE. Les thèmes sont presque exclusivement religieux, et les tableaux de jeunesse utilisent encore les conventions du style gothique. Mais très vite, Lippi s'en détache : la perspective devient un élément fondamental du tableau, les corps cessent d'être rigides et évoquent le mouvement, des émotions sont perceptibles et identifiables. Bref, le soi s'exprime.
Orphelin, Filippo Lippi est placé au couvent des Carmes de Florence et y prononce ses vœux à l'âge de 15 ans. Mais il n'est pas fait pour la vie monacale. À 46 ans, il séduit et met enceinte Lucrezia Buti, une religieuse de 32 ans sa cadette. Désormais, tous ses portraits de la Vierge représenteront Lucrezia, et l'enfant Jésus aura souvent les traits de leur fils, Filippino. Il lui arrive de se représenter dans ses peintures, ou d'y faire figurer le commanditaire du tableau. Ce besoin de s'inspirer de personnages réels et la personnalisation des œuvres me semblent aussi caractéristiques de l'émergence de ORANGE.
Il ne faudra pas attendre longtemps pour que le vMème devienne dominant. Quatre ans avant sa mort, Filippo Lippi prend Sandro Botticcelli comme élève. Celui-ci franchit le Rubicon : thèmes profanes, nus féminins, etc.
Si vous habitez Paris ou avez l'occasion d'y passer, l'exposition dure jusqu'au 2 août 2009. Sinon, il vous faudra aller à Prato, ce qui doit être très agréable aussi !
Dimanche 14 juin 2009
Voir le bout du tunnel
Des chercheurs de l'Université de Toronto viennent de démontrer que notre humeur affecte le fonctionnement du cortex visuel. Quand nous sommes de bonne humeur, nous avons une vision plus large et traitons plus d'informations. Si au contraire nous sommes de mauvaise humeur, nous adoptons une sorte de vision tunnel qui nous focalise sur une toute petite partie du champ visuel.
Taylor Schmitz, qui a dirigé cette recherche, commente : « La bonne humeur augmente la taille de la fenêtre à travers laquelle nous voyons le monde. Le côté positif est que nous percevons alors les choses de manière plus globale et intégrative. Le côté négatif est que cela peut-être une source de distraction. »
Pour les amateurs d'Ennéagramme, il est difficile de ne pas penser au profil 7. La démonstration de cette corrélation entre deux caractéristiques de l'ennéatype est un nouvel élément d'une validation scientifique du modèle.
Source : Taylor W. Schmitz, Eve de Rosa & Adam K. Anderson, "Opposing Influences of Affective State Valence on Visual Cortical Encoding", The Journal of Neuroscience, N° 29(22), 3 juin 2009, pp. 7199-7207.
Jeudi 11 juin 2009
Ode à la joie
Tout journal vise une cible particulière de lecteurs, mais c'est la première fois que je vois un magazine s'adresser aussi explicitement à un ennéatype, le 7 en l'occurrence. Ode l'affirme dans son slogan, il est destiné aux « optimistes intelligents » — hé oui, les 7 sont contents d'eux, si vous ne le saviez pas.
Sa définition de mission confirme : « Nous sommes un journal international indépendant. Nous croyons au progrès, à l'existence d'opportunités multiples et à la créativité des êtres humains. Nous contribuons au progrès en publiant l'histoire de personnes et d'idées qui font une différence. Nous parlons aussi de problèmes sociaux parce qu'ils représentent des occasions de créer des changements positifs. Nous publions des histoires qui font un pont entre la pensée et l'action, entre le désir et l'espérance, et qui cherchent à combler le douloureux fossé entre la richesse et la pauvreté. Ainsi, nous construisons un monde pacifique et supportable. Voilà les nouvelles que nous promettons de publier. Nous offrons à nos lecteurs une chance de participer à un réseau international d'inspiration et de coopération afin de créer plus de justice, de respect et d'égalité. De cette façon, nous espérons les inviter à participer à la construction d'un monde plus juste et plus durable. »
On pourrait même préciser que l'esprit de Ode est plutôt 7 α de sous-type social et au début de la transition entre ORANGE et VERT. Ceci dit, d'autres ennéatypes peuvent s'égarer dans ses pages : en avril dernier, Bill Clinton s'est abonné.
Source : Ode Magazine.
Lundi 8 juin 2009
L'art du baiser
Je suis un peu inquiet en publiant ce billet. Comme d'habitude, j'ai soigneusement choisi l'illustration, ici à droite, qui l'accompagne. Je me demande toutefois si elle ne risque pas de me valoir des poursuites pour violation de copyright.
En effet, elle est la reproduction réduite, mais extrêmement fidèle, du panneau central du triptyque Phaedrus du peintre américain Edwin Parker Twombly Jr : un grand monochrome blanc de deux mètres sur trois. L'artiste, qui se fait appeler Cy Twombly, ne semble pas rigoler avec ses œuvres ; il faut dire que Phaedrus est évalué à deux millions de dollars.
C'est d'ailleurs la somme que le propriétaire du tableau, Yvon Lambert, a réclamée à Ryndi Sam — une peintre cambodgienne RMiste élevant seule ses deux enfants dans une HLM — qui, dans un élan de passion, a embrassé la toile lors d'une exposition à Avignon en juillet 2007.
Mardi dernier, le jugement définitif a été rendu en appel. Ryndi Sam a été condamnée à verser 18.400 euros pour la restauration du chef-d'œuvre, 500 euros au peintre qui s'était déclaré « horrifié », et 500 euros au propriétaire du tableau qui estime avoir subi un préjudice moral considérable.
Petit tableau (sic) du monde ORANGE d'aujourd'hui…
*–*–*–*–*
Il serait intéressant d'écrire une histoire de l'art du point de vue de la Spirale Dynamique. J'ai, sur ce sujet, une compétence insuffisante, mais voici quand même un premier survol. En VIOLET, l'art a principalement une fonction magique : par exemple, représenter un bison sur la paroi d'une grotte permet de le chasser avec plus d'efficacité. En ROUGE, il sert avant tout à célébrer la puissance de l'empire et à impressionner ses ennemis. En BLEU, il a vocation à enseigner la Vérité Ultime. En ORANGE, il a d'abord permis l'expression individuelle des sentiments ; puis la manifestation du vMème s'est dégradée, et le mercantilisme a commencé à dominer l'expression artistique, comme il l'a fait dans les autres domaines de l'activité humaine. Avec VERT, il est probable que l'art redevienne beaucoup plus émotionnel, et que se multiplient les créations collectives, happenings ou autres.
Source : "18.400 € pour avoir embrassé un tableau", Le Figaro, 2 juin 2009.
Jeudi 4 juin 2009
Salsa du démon
Tout fout le camp.
Dimanche dernier, les habitants de la ville de Lucerne, et pire encore tous ceux du canton, ont pu danser ! Alors que c'était la fête de la Pentecôte !
Le 9 mars précédent, la députée Verte Katharina Meile avait demandé au Conseil des États la levée de l'interdiction de danser certains jours fériés (mercredi des Cendres, vendredi saint, dimanche de Pâques, dimanche de Pentecôte, jour du Jeûne fédéral et Noël). Malgré l'opposition farouche du Parti démocrate-chrétien (centre) et de l'Union démocratique du centre (droite populiste), le décret de 1428 qui protégeait l'âme des Lucernois a été aboli par 51 voix contre 50.
Il reste sept cantons en Suisse où il est encore interdit de danser le vendredi saint et, parfois, d'autres jours de fêtes religieuses : Appenzell Rhodes-Intérieures, Bâle-Campagne, Neuchâtel, Obwald, Schaffhouse, Soleure et Uri.
Nous avons, en Occident, tendance à critiquer les excès du vMème BLEU dans de lointaines contrées, de préférence islamiques, mais tous les niveaux d'existence de la Spirale Dynamique sont présents chez nous, avec leurs apports positifs comme avec leurs excès.
Source : "La danse serait-elle encore considérée comme satanique en Suisse ?"
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